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Plantes transgéniques et Abeilles

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Plantes transgéniques et Abeilles

Message par Admin le Sam 13 Aoû - 19:27


Plantes transgéniques et Abeilles

Par F. Anchling


avec
l'aimable autorisation de la revue





Introduction

Vous avez pu lire dans le numéro de décembre 2002, le
compte rendu de la conférence présentée au 14e Congrès National de
l'Apiculture Française à Bourges, par M. Michel Wolff, chargé de
recherche au CNRS, concernant l'amélioration de la résistance des
plantes, par l'introduction d'un gène de la plante elle-même ou d'un
gène étranger. C'est la transgénèse dont le résultat est un organisme
génétiquement modifié, en abrégé (OGM). Monsieur Wolff est un apiculteur
passionné et il précise page 559 " Que risquent les abeilles ? ". C'est
ce que nous apprendrons un peu plus loin, avec des groupes de
chercheurs spécialisés en apidologie.

Votre journal, l'Abeille de France, en vous rapportant les évolutions
législatives et scientifiques, ainsi que les enjeux politiques et
économiques déterminants pour le développement des OGM, souhaite vous
proposer des données pour comprendre et appréhender les répercussions
éventuelles de leur diffusion, sur la vie et la santé de nos abeilles ;
mais aussi pour répondre à vos attentes et questions (courrier des
lecteurs-février 2003-p.101).

Depuis les débuts de la transgénèse il y a maintenant 20 ans, la
commercialisation des OGM est devenue une réalité dans de nombreux pays,
excepté en Europe. En juin 1999 six pays de l'Union européenne (France -
Italie - Luxembourg - Danemark - Grèce - Autriche) avaient demandé un
moratoire sur toute nouvelle autorisation de mise sur le marché, aussi
longtemps que la problématique de l'étiquetage et de la traçabilité ne
serait pas résolue.

La fin du moratoire ?

Le 17 octobre 2002, la directive 2001/18 paraît au J.O. des Communautés.
Elle fait référence au principe de précaution et renforce les
procédures d'autorisation avant toute dissémination d'OGM. Elle affirme
l'obligation de l'information et de la consultation du public, de
l'évaluation des risques par la mise en place d'un plan de surveillance
et par la traçabilité.
La Commissaire Européenne à l'Environnement (Margot Wallström) a déclaré
: " La nouvelle directive qui devient opérationnelle à compter de ce
jour nous fournit une base solide pour une gestion transparente et
responsable de l'utilisation des OGM ".

De son côté le Commissaire Européen de l'Organisation des Consommateurs,
David Byrne, a appelé à lever le moratoire anti OGM imposé depuis 1999
par sept des quinze pays de l'Union Européenne : " Avec la mise en œuvre
des procédures législatives de traçabilité et d'étiquetage arrêtées le
17 octobre 2002, (directive 2001/18) plus rien ne s'oppose à la levée de
ce moratoire illégal " a-t-il insisté.

Le 28 novembre 2002, les ministres de l'Agriculture des 15 pays membres
de l'U.E, suivis le 9 décembre par ceux de l'Environnement sont arrivés à
un accord sur la traçabilité des OGM, en imposant un étiquetage des
aliments contenant plus de 0,9 % d'OGM. Mais cet accord doit être
traduit dans la législation nationale de chacun des états membres avant
d'être effectivement applicable.

Cette directive est complétée par un ensemble de règlements déjà signés
ou à intervenir : Règlement sur les nouveaux aliments OGM et dérivés ;
Règlement sur la traçabilité et l'étiquetage des OGM et produits dérivés
; Règlement d'adaptation de la législation aux exigences du Protocole
de Carthagène sur la biosécurité régissant les échanges internationaux
d'OGM. Et sera accompagnée d'une Directive sur la responsabilité
environnementale qui repose sur le principe : " pollueur/payeur ".

Successivement, le 12 décembre l'Académie des Sciences et le 13 celle de
Médecine se sont prononcées, avec toutefois des réserves, pour
l'introduction des OGM dans l'agriculture comme dans l'alimentation et
la thérapeutique humaine.

L'Académie de Médecine a estimé que les avantages des OGM, l'emportent
sur les risques éventuels pour la santé, qui sont contrôlables.

Les chercheurs de l'Académie des Sciences ont émis une conclusion
similaire, dans un rapport remis par Hubert Curien, président de
l'Académie des Sciences, à Claudie Haigneré, Ministre délégué à la
Recherche et aux nouvelles technologies. Ils ont estimé que les progrès
considérables réalisés dans la connaissance de la biochimie des plantes
et de leur génome, permettaient l'introduction des OGM, sous contrôle
toutefois de l'Agence de Sécurité Sanitaire des Aliments (Afssa).Ils ont
cependant préconisé que des recherches indépendantes soient poursuivies
dans le but d'accroître les connaissances indispensables à une
évaluation raisonnée des avantages et des risques potentiels imputables à
l'utilisation des OGM.
Ces rapports qui se veulent rassurant, justifieraient la levée du
moratoire, d'autant plus que l'UE aura à sa disposition un arsenal
législatif complet. Pour Roselyne Bachelot, ministre de l'Écologie,
cette levée ne peut pas être envisagée avant à peu près un an, car de
sérieuses précautions doivent être prises.

Les accords de Bruxelles ont été dénoncés par la Confédération paysanne
arguant des vides juridiques du dossier et de l'absence de moyens
permettant d'établir le cas échéant les responsabilités. Pour les Verts
l'accélération brutale de la législation sur les OGM a pour seul
objectif de permettre aux USA de nous envahir avec leurs céréales
génétiquement modifiées. Pour leur part, les associations de
consommateurs dénoncent le manque de recul des études favorables aux OGM
pour apprécier les risques potentiels pour la santé humaine.

"Le pollen de plantes génétiquement modifiées a-t-il une influence sur la santé des abeilles" ?

C'est ce qu'a étudié le groupe "apidologie" de l'Université de Jena :
(D.B.J. 11- 2002). Par la manipulation génétique, il est possible de
modifier les caractéristiques héréditaires d'une plante et ainsi de
contourner ou même d'accélérer les méthodes classiques de culture. Par
l'incorporation de nouveaux gènes, on peut introduire une protéine dans
la plante qui la protégera des traitements phytosanitaires, de la
destruction par les insectes ravageurs ou des champignons parasites.
Depuis la construction de la première plante OGM, de très nombreuses
discussions ont eu pour thème l'innocuité de ces technologies. Les
débats vont du risque de croisements incontrôlés, à la perte de la
diversité biologique, jusqu'aux dangers potentiels pour des organismes
autres, non ciblés comme l'abeille. Le souci de l'abeille est
particulièrement important compte tenu de son rôle irremplaçable au
niveau économique et surtout écologique. Du fait que la plante modifiée
produit une toxine spécifiquement dirigée contre les insectes, l'abeille
risque-t- elle d'être en danger ?

En étudiant la biologie alimentaire de l'abeille on constate qu'à tous
les stades de son développement, elle risque le contact avec la toxine
exprimée par la plante, si le pollen en contient. Le pollen est récolté
par les butineuses, apporté à la ruche pour être distribué, transformé
ou stocké. Les besoins de pollen et la quantité consommée varient avec
l'âge de l'abeille, ses fonctions dans la ruche et sa caste. Les larves
sont nourries par de jeunes abeilles pendant les 2 premiers jours avec
de la gelée royale pauvre en lipides. Par la suite, elles reçoivent une
gelée d'ouvrières, composée de la sécrétion de leurs glandes
hypopharyngiennes, en mélange avec du pollen et du miel. La croissance
des larves est spectaculaire. En 6 jours leur poids est multiplié par
1000. Après sa naissance, la jeune abeille achève son développement en 8
à 10 jours, pendant lesquels elle a besoin des protéines du pollen pour
la formation de ses glandes hypopharyngiennes et mandibulaires ainsi
que du corps gras.

On a observé que la durée de vie d'une abeille qui a manqué de pollen, est très fortement réduite.

Les larves de mâles reçoivent une nourriture semblable mais encore plus riche en pollen et en plus grande quantité.

La quantité de pollen récolté par une colonie varie de 15 à 26 kg/an.
Chaque larve en consomme 163 milligrammes dont 36 mg de protéines. La
butineuse récolte ces 163 mg en 8 sorties de 20mg chacune.

Ces chiffres montrent toute l'importance d'un pollen sain pour la survie
de la colonie. L'étude conduite pendant plusieurs années avait pour but
de rechercher si le pollen de plantes OGM avait une influence sur le
développement, le butinage et les capacités d'élevage des abeilles. De
plus, on a recherché s'il y avait transfert de gènes sur les
micro-organismes présents dans les intestins d'abeilles ayant consommé
du pollen OGM de colza. C'est ce que l'on appelle le transfert
horizontal.






Mais qu'appelle-t-on transfert horizontal de gène ?

Il y a un toujours transfert de gènes. Chaque être vivant, chaque
organisme qui se reproduit transmet ses gènes à la génération suivante.
Cette reproduction sexuelle a été classée transfert génétique vertical.
Elle se différencie du transfert génétique horizontal. Dans cette forme
de transmission, les gènes vont d'un organisme à un autre, par-dessus
une espèce de frontière, sans intervention sexuelle. Cette forme de
transmission à saute-mouton existe aussi de façon naturelle dans notre
environnement. Dans la technique OGM, ce phénomène est attentivement
surveillé par les scientifiques car le comportement de ces gènes
étrangers dans un nouvel organisme n'est pas évident.

Réaction des abeilles à la consommation du pollen d'un colza résistant à
un herbicide. Ce colza avait été rendu résistant à l'herbicide "Basta"
par l'insertion d'un gène de résistance (PAT -- gène). Sans ce gène, le
colza dépérit lors d'un traitement herbicide par accumulation de
concentration toxique dans les cellules de la plante verte.

Sous serre pendant six semaines, huit colonies de 2000 abeilles chacune,
ont récolté et consommé du pollen OGM. à volonté. Dans les mêmes
conditions, huit colonies témoin disposaient de pollen non OGM.

On a relevé et comparé en permanence : l'activité de butinage des 2
ruchers, leur capacité d'élevage et de développement, à tous les stades
larvaires et adultes.

1 les chances de survie à chaque stade larvaire sont absolument identiques.

2 le poids des abeilles naissantes est identique dans les deux groupes d'abeilles.

3 on a aussi relevé avec étonnement que le poids des abeilles parasitées
par varroa était inférieur de 18 % dans les deux groupes d'abeilles de
manière identique.

Au contraire du pollen OGM, varroa est un facteur de stress considérable.

Conclusion : on peut affirmer que le colza tolérant aux herbicides,
donné en nourriture dans des conditions proches de la nature, ne
présente aucun danger pour le développement de la colonie. Même
lorsqu'il est donné en nourriture dans des conditions extrêmes, il n'a
aucune influence néfaste pour les soins au couvain ou les capacités de
butinage, ni dommageable pour les larves encore sensibles et les
nymphes.

Effets du maïs résistant aux insectes

On obtient un maïs résistant aux insectes ravageurs par l'inclusion d'un
gène de la bactérie Bacillus Thuringis (BT)- (également utilisée pour
lutter contre la fausse-teigne). La toxine produit des cristaux
d'albumine toxiques qui agissent instantanément dans les intestins du
prédateur et stoppent son activité.

Le Bacillus Thuringis est une bactérie du sol que l'on peut spécialiser
sur certaines espèces d'insectes ravageurs. Suivant la spécialisation du
BT dénommée (CRY), ces cristaux agissent spécifiquement contre les
lépidoptères (papillons…), les coléoptères (hanneton…) ou les diptères
(mouches…) L'abeille est un hyménoptère.

Dans le commerce, les formulations à base de BT contiennent une bactérie
inactivée, qui n'est activée que dans l'intestin du parasite ciblé. Ce
produit est très intéressant pour la protection des plantes et est
préconisé pour le respect des insectes pollinisateurs.

Par contre les plantes qui contiennent le gène BT expriment la protéine
toxique dans toutes les parties de la plante et aussi dans le pollen. Au
contraire des pulvérisations à base de BT toxine, dans la plante la
toxine BT est activée.

Les effets du BT. pollen et de la BT toxine sur les abeilles ont été
étudiés comme pour le colza pendant une période de six semaines.

Jusqu'à présent aucun effet néfaste pour l'abeille n'a été observé dans
aucun des paramètres retenus, principalement pendant le délicat stade
larvaire, qui n'a été ni affecté, ni modifié. Ceci confirme les travaux
d'autres groupes de chercheurs (Malone et Al -- Pham Délègue- M. H.
2001-- apidologie 32).

La migration transgénique sur des micro-organismes dans l'intestin de
l'abeille. C'est la deuxième grande inquiétude des chercheurs. Est-ce
que le gène de résistance à l'herbicide inscrit dans le colza peut se
transplanter dans un autre organisme ? (celui de l'abeille). On a donc
analysé des micro-organismes extraits des intestins d'abeilles nourries
pendant dix jours avec du pollen issu de plantes transgéniques, qui,
pendant la digestion du pollen consommé auraient pu être en contact avec
des gènes ou fragments de gènes présents dans ce pollen.

Ces prélèvements ont été cultivés. Par des méthodes de biologie
moléculaire, on a recherché le gène de résistance aux herbicides. Sur 1
million de cultures de micro-organismes, on en a isolé 8 qui contenaient
ce gène. Il semble que l'ADN de la plante n'ait pas toujours été
entièrement détruit dans l'intestin de l'abeille. Dans quelques cas
rares, on constate ainsi, un transfert quasi naturel des gènes de la
plante, sur des micro-organismes dans l'intestin de l'abeille. L'abeille
n'est nullement affectée par cette modification de sa microflore
intestinale. Les conséquences écologiques d'un tel transfert de gènes :
-- par exemple, pendant combien de temps, les micro-organismes modifiés,
avec leurs nouvelles propriétés acquises et transmissibles, vont-ils
survivre dans l'abeille et dans l'environnement et comment
s'imposeront-ils vis-à-vis de concurrents, -- doivent être à l'avenir
observées et suivies avec beaucoup d'attention.

Pour conclure : le colza OGM, tolérant herbicide, pas plus que le BT
maïs n'ont d'influence mesurable sur l'abeille, même dans des situations
extrêmes et inhabituelles (six semaines de consommation de pollen
transgénique), aussi bien sur sa durée de vie, sur son développement que
sur ses capacités de butinage ou d'élevage, comparativement à des
colonies témoin.
Ces conclusions confirment les travaux menés par d'autres groupes de chercheurs.

Pour en savoir plus: la situation des OGM dans le monde

Depuis les débuts de la transgénèse, et les premières
commercialisations, les OGM sont devenus une réalité dans de nombreux
pays, hors Europe. De 21,5 millions d'hectares en 1997, les surfaces ont
atteint 52,6 millions d'hectares en 2001, soit plus que le double de la
surface agricole utile française.Fin 2001, le soja représentait 60,3 %
du total, le maïs 19 %, le coton 13 % et le colza 5%.

La répartition géographique des surfaces OGM est très inégale. Quatre
pays concentrent 99 % des surfaces cultivées : les États-Unis 60,8 % du
total, l'Argentine 22 %, le Canada 6 % et la Chine 3 %.

Les pays émergents occupent une place croissante dans l'utilisation des
OGM, avec près de 25 % des surfaces actuellement cultivées. Ils y voient
une réponse aux besoins nutritionnels de leurs populations, et une
opportunité de développement économique durable.

En Chine la recherche sur les OGM et leur culture sont en pleine
croissance. D'ici 2005 le gouvernement chinois prévoit d'investir 3
milliards de dollars dans les biotechnologies. Les scientifiques chinois
travaillent au transfert de 120 gènes différents dans divers espèces de
plantes : notamment le riz, le blé et la pomme de terre. Il ne faut pas
oublier que la Chine qui doit nourrir 1/5 de la population mondiale de
propre ne possède que 7 % des terres arabes de la planète…

L'Inde envisage également de développer ses cultures transgéniques, en
collaborant avec les pays occidentaux. La première culture de coton
transgénique a été autorisée en mars 2002.

En juin 2002, à l'occasion du sommet mondial de la FAO (l'Organisation
Mondiale pour l'Agriculture et l'Alimentation) avec pour thème "la faim
dans le monde", les plantes transgéniques sont apparues comme un des
moyens d'assurer la sécurité alimentaire des pays en voie de
développement.

Les pays les plus engagés (États-Unis, Canada, Argentine) mènent une
recherche expérimentale de haut niveau et adaptent leur stratégie
commerciale avec : une diversification des améliorations proposées
(agronomiques, nutritionnelles, médicales et industrielles) ainsi qu'un
renforcement de leur réglementation nationale conformément aux
contraintes internationales du marché (précaution et information).

La situation en Europe

Rappelant le potentiel considérable des sciences de la vie et de la
biotechnologie, la Commission européenne a adopté le 23 janvier 2002,
une initiative politique majeure pour leur développement en Europe,en
proposant un plan d'action assorti de recommandations aux Etats Membres,
aux autorités locales, à l'industrie et à d'autres parties prenantes.

La Commission a proposé au Conseil européen de Barcelone, qui s'est tenu
en mars 2002, un plan global sur les biotechnologies pour la période
2002-- 2006.

Ce projet politique global, se concrétise aujourd'hui dans le cadre du
sixième Programme Commun de Recherche et de Développement pour 2002 -
2006, par l'investissement de 2,255 milliards d'euros en faveur du thème
prioritaire "Sciences de la vie, génomique et biotechnologies pour la
santé ". Philippe Busquin, Commissaire européen à la Recherche a déclaré
" la liberté de recherche est une valeur fondamentale dans les sociétés
démocratiques. Ce type de recherche est essentiel pour surmonter la
suspicion et l' incertitude relative à ces types de cultures ".

Avec l'entrée en vigueur le 17 octobre 2002 de la directive 2001/18 et
les procédures en cours (Règlements et directive) destinées à mettre en
place un système réglementaire cohérent pour l'utilisation des OGM en
Europe, qui permette de garantir à la fois la sécurité et l'information
du consommateur ; la protection de l'environnement; le développement et
l'utilisation commerciale des biotechnologies végétales, la Commission
européenne considère qu'elle a tenu ses engagements, pour créer les
conditions nouvelles nécessaires au redémarrage de la procédure
d'autorisation des OGM.

La situation en France

Le rapport du débat public sur les " OGM et les essais en champ", qui
s'est tenu les 4 et 5 février 2002 a réaffirmé que : "
l'expérimentation en milieu confiné ne suffit pas..., Personne ne peut
dire qu'une technique ne sera pas utile dans l'avenir ; si on bloque la
recherche, il sera impossible de démontrer les utilités possibles ".

La recherche en laboratoire comme en plein champ, est une activité
rigoureusement réglementée par : la directive européenne 2001/18 et des
protocoles d' expérimentation rigoureux, délivrés au cas par cas par la
Commission du Génie Génétique depuis 1989 et par la Commission du Génie
Biomoléculaire depuis 1986.

Les essais en champ apportent des informations indispensables pour
compléter celles obtenues à partir des expérimentations en laboratoire,
puis en serre et valider les hypothèses initiales. Plus globalement,
ils s'inscrivent dans un processus d'acquisition de connaissances et
contribuent à estimer le comportement de la plante soumise à des
environnements directs et variables.

Toucher à la nature présente toujours un risque. Mais nous le faisons
depuis que l'homme est homme. De la cueillette n'est-il pas passé à la
culture ? Combien d'espèces variétales légumières, florales ou
arboricoles n'éxistaient pas avant que l'homme ne décide d'expérimenter
son pouvoir sur la nature. Nous expérimentons, nous modifions, nous
greffons, nous améliorons, nous trafiquons. Certes, les pouvoirs dont
nous disposons aujourd'hui avec la transgénèse n'ont plus rien à voir
avec ceux de nos ancêtres. L'accélération des transformations qu'elle
permet nous affole. Les certitudes des rapports d'académiciens ou de
scientifiques d'une part et les alertes médiatiques d'autre part ne
suffisent pas à éclairer notre opinion.

Le choix n'est certainement pas à opérer entre un progrès que l'on
souhaite toujours meilleur et un immobilisme sclérosant et renfermant.
Il nous faut plutôt choisir entre les pièges de la propagande et ceux de
la désinformation, ce n'est pas évident! Souhaitons pour conclure, la
vérité comme fondement des relations, dans un climat de liberté et un
véritable effort d'humanisation au service de tous.


Synthèse réalisée par F. Anchling


Bibliographie :

Deutsches Dienen Journal 11-02
Schweizerische Bienen Zeitung 1-2002 p. 20
Lettre d'information sur les plantes transgéniques

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