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Les abeilles se meurent, l'apiculture s'organise

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Les abeilles se meurent, l'apiculture s'organise

Message par Admin le Mer 18 Jan - 22:57

Les abeilles se meurent, l'apiculture s'organise






Près de 20% des abeilles suisses n'auraient pas survécu à l'hiver dernier. (RDB)En relation avec le
sujet

Les

experts enquêtent sur la mort des abeilles


  • En Suisse, comme en Europe, les abeilles sont malades et meurent
    en grand nombre. Au grand dam des apiculteurs et des autorités, qui sont
    inquiets des conséquences sur la chaîne alimentaire et cherchent une
    parade. Un service sanitaire apicole pourrait voir le jour.




L'apiculture est surtout un hobby en Suisse. La maladie mortelle qui
frappe les abeilles a eu le mérite de mettre sur le tapis la question
d'une forme de professionnalisation de l'apiculture, un secteur
d'activité qui reste très dispersé.

Conduit par l'Office fédéral de l'agriculture, un groupe de travail a planché sur les moyens de promouvoir l'apiculture.

Ses
propositions, qui viennent en réponse à une motion parlementaire,
supposent notamment que les apiculteurs se réorganisent afin de pouvoir
parler d'une même voix, souligne Jean-Daniel Charrière, collaborateur
scientifique à la station fédérale de recherches Agroscope
Liebefeld-Posieux (ALP).
Recensements plus efficaces

Les propositions du groupe de travail, qui seront publiées en juin,
n'envisagent pas de paiements directs aux apiculteurs. En revanche,
elles prévoient une aide à la vulgarisation sous la forme de cours
destinés à améliorer les connaissances des apiculteurs. Elles suggèrent
aussi un soutien à l'élevage de reines.

Mieux, un service
sanitaire apicole pourrait voir le jour. Il s'agirait d'une structure
gérée par les associations apicoles – un système comparable à celui pour
les animaux de rente, précise Jean-Daniel Charrière. Le groupe demande
aussi des effectifs accrus pour le Centre de recherches apicoles (CRA).

Il
sera ainsi possible de procéder à des recensements plus efficaces et de
disposer de statistiques plus précises pour toute la Suisse, reconnaît
William Schneeberger, qui a représenté la Suisse romande dans le groupe
et était jusqu'à la fin 2007 président de la Fédération des sociétés
suisses d'apiculture (FSSA).
Un danger pour la pollinisation

Ces mesures devraient aider à faire face au problème de l'hécatombe
d'abeilles. Car ce sont environ 20% de ces insectes qui n'auraient pas
survécu à l'hiver dernier en Suisse. Pour les experts, 10% de pertes de
colonies sont considérées comme «normales», mais 20% et plus sont
préoccupantes. Depuis 2002 surtout, les mortalités d'abeilles au sortir
de l'hivernage sont anormalement élevées.

Ces pertes se
répercutent certes sur les revenus des apiculteurs suisses. Mais,
explique William Schneeberger, le danger serait que cette tendance
s'amplifie et entraîne par conséquent de graves problèmes pour
l'écologie et la pollinisation.

Plus de 80% des espèces de
plantes à fleurs dans le monde et 80% des espèces cultivées en Europe
dépendent directement de la pollinisation par les insectes – des
abeilles pour l'essentiel. Celles-ci jouent également un rôle
fondamental dans les cultures de fruits et de légumes.

Comme le
dit l'ALP, «chaque troisième bouchée que l'humanité avale dépend de la
pollinisation», c'est-à-dire des insectes. Si les pertes de colonies
d'abeilles devaient s'aggraver, cela signifierait pour l'humanité une
profonde altération de la diversité alimentaire.
Un virus mis sur la sellette

Depuis quelques années, les mortalités hivernales des abeilles ont
ceci de particulier que les pertes sont très étendues géographiquement
(toute l'Europe est touchée) et qu'elles se produisent de manière
répétée. Mais il est difficile de dégager une cause unique à ce
phénomène.

Les maladies des abeilles sont néamoins pointées du
doigt. Il semble en effet que «le varroa est la raison principale des
pertes hivernales», déclare Jean-Daniel Charrière. Cet agent pathogène
s'attaque au sang de l'abeille, dont il affaiblit le système
immunitaire. Il est aussi vecteur de virus.

D'autres facteurs
sont généralement évoqués: l'élevage d'abeilles trop intensif,
l'utilisation de pesticides, le manque de nourriture pour les abeilles,
le déplacement des ruches, le rayonnement de la téléphonie mobile, la
culture d'organismes génétiquement modifiés, le manque de relève parmi
les apiculteurs.

Mais tant William Schneeberger que Jean-Daniel
Charrière doutent qu'il s'agisse là de causes déterminantes en Suisse.
Selon le collaborateur de l'ALP, «la probabilité que ce sont des causes
centrales est très faible».
Intensification de la recherche apicole

D'où l'importance de la recherche et de la collaboration entre
scientifiques. Créé en 2006, le groupe de recherche international Coloss
(de l'anglais «Prevention of Honeybee Colony Losses») réunit des
instituts de recherche, soit 104 chercheurs de 28 pays d'Europe et des
Etats-Unis. Le CRA coordonne le groupe.

Coloss se propose tout
d'abord de mettre sur pied un système de recensement fiable des pertes
de colonies d'abeilles dans chaque pays. Ses recherches s'attachent à
trouver les causes de ces pertes, d'une part du côté des pathologies
(virus, bactéries), d'autre part du côté de l'environnement (le manque
de pollens, de nectars, la téléphonie mobile, les pesticides, les OGM
etc.). Le groupe étudie aussi les moyens de renforcer les résistances de
l'abeille par la sélection.

Il reste à espérer que la science et
la politique trouveront les moyens d'enrayer la mort des abeilles. Car
comme l'aurait dit Albert Einstein: «Si l'abeille venait à disparaître,
l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre.»

swissinfo, Catherine Vuffray

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