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Etude du marché du miel dans l'Union européenne

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Etude du marché du miel dans l'Union européenne

Message par Admin le Sam 13 Aoû - 18:21

Etude du marché du miel dans l'Union européenne

avec l'aimable
autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs


Productions de miel (en tonnes)

Cette étude du marché du miel dans l'Union européenne analyse
toute une série de données enregistrées entre 1997 et 2001, période
qui coïncide avec l'entrée en vigueur du règlement CE 1221 du Conseil
du 25 juin 1997 portant règles générales d'application pour les actions
visant à l'amélioration de la production et de la commercialisation du
miel.



1. Introduction

Il faut tenir compte du fait que, dans certains cas, nous ne
disposons pas encore des chiffres pour 2001 ou qu'il ne s'agit que
d'estimations. En effet, beaucoup de statistiques de cette dernière
année de la période étudiée ne sont pas encore consolidées au moment de
la rédaction de cette étude.

La Commission européenne (DGVI) a été notre principale source
d'information pour la réalisation de ce travail, mais aussi : le MAPyA
(ministère de l'Agriculture, Pêche et Alimentation d'Espagne), le SAGPyA
(secrétariat à l'Agriculture, l'Elevage, la Pêche et l'Alimentation
d'Argentine), le SAGARPA (le secrétariat à l'Agriculture, l'Elevage, le
Développement rural, la Pêche et l'Alimentation du Mexique), l'USDA
(département de l'Agriculture des USA), les douanes chinoises, la "
Japan Tariff Association " (association douanière japonaise), etc., pour
les cas plus précis.

Parmi les données de marché, l'accent est surtout mis sur les chiffres à
l'importation qui sont plus révélateurs que d'autres aspects de la
production, l'exportation ou la consommation...

L'objectif de cette étude est de faire un constat clair de la réalité de
la situation du marché du miel dans l'UE qui est loin d'être stable,
comme le prétend la Commission européenne, argument qu'elle avance pour
ne pas prendre de mesures additionnelles de soutien et de défense du
secteur apicole. Une stabilité qui serait pourtant nécessaire à la
garantie du revenu des producteurs et à la viabilité des exploitations
apicoles.


2. Le marché mondial du miel

Exportations
de miel (en tonnes)

Les grands exportateurs de miel sur le marché mondial
sont la Chine, l'Argentine et le Mexique, et le principal importateur :
l'UE, suivie des USA et du Japon. Les Etats-Unis occupent la troisième
place mondiale en tant que producteurs de miel, après la Chine et l'UE.


2.1. La Chine

La production de miel en Chine a augmenté ces dernières
années de 42 %, passant d'une moyenne de 180 000 t sur la période
1994-1998 à 256 000 t en 2001. Cette augmentation a eu comme destination
quasiment exclusive à l'exportation et a représenté près de 20 % du
commerce mondial. Ce qui fait le premier producteur et exportateur de
miel à l'échelle mondiale.

L'évolution des exportations a été extraordinaire, une augmentation
brutale de 121 % depuis 1997 jusqu'en 2001. En 1998, les exportations
représentaient 50 % de la production totale de cette année-là. Une des
principales destinations, hors UE et USA, fut le Japon. L'affinité
culturelle avec ce pays et sa situation géographique ont conféré à la
Chine une position avantageuse par rapport à d'autres fournisseurs
potentiels de miel (90 % des importations de miel du Japon viennent de
Chine).

A la différence de l'UE, la Chine importe un minimum, soit l'équivalent de 1 % de la production.



2.2. L'Argentine


Exportations de miel d'Argentine (en tonnes)

D'après l'étude, on observe effectivement que 95 à 100 %
de la production argentine sont destinés à l'exportation. Ses
principaux clients sont les USA et l'UE, mais pour la période 1997-2001
on assiste à une inversion radicale des volumes exportés vers ces
destinations. L'UE est clairement devenue son principal acheteur.
Il s'agit d'un pays exportateur net, qui importe de faibles quantités et
dont la consommation interne de miel est très faible.


Sa production et ses exportations ont connu une augmentation de 40 % ces
dernières années, même si les mauvaises conditions météorologiques ont
quelque peu freiné cette tendance lors de la dernière campagne.



2.3. Le Mexique

La production du Mexique se situe autour des 55 000 t/an,
mais sa faible consommation (300 g/personne et par an) en fait un des
principaux exportateurs (il exporte presque la moitié de sa production).

Sa production de miel a augmenté de 10 % entre 1997 et 2000, ce qui lui a
permis d'augmenter ses ventes à l'exportation. Ses exportations entrent
dans l'UE, dans le cadre des accords préférentiels.



2.4. Les Etats-Unis

La vocation de ce pays sur le marché mondial est d'être un
grand importateur. Son niveau d'auto-approvisionnement tourne autour de
56 %. Les USA constituent donc avec l'Union européenne et le Japon, une
des principales destinations des exportations mondiales de miel.

Bien que 2e importateur mondial, il soigne son secteur producteur ; en
établissant périodiquement différents mécanismes de protection aux
frontières (contrôle de qualité, mesures antidumping, etc.).



2.5. Le Japon

Le Japon consomme quelque 40 000 t de miel par an, dont 90 %
proviennent essentiellement de Chine. La production est très réduite, 3
000 t et couvre moins de 10 % de la demande.
C'est pourquoi le marché japonais est la 3e destination en importance
des exportations mondiales.


3. Le marché du miel dans l'Union européenne



UE : production, importation et exportation de miels (en tonnes)
La production de l'UE reste assez stable tout au long
de la période 1997-2000, avec une moyenne de 130 000 t, ce qui place
l'UE au deuxième rang des producteurs mondiaux, après la Chine. Il faut
souligner que les données fournies par de nombreux Etats membres se
basent plus sur des estimations que sur des données vérifiées, et la
production réelle est sûrement inférieure à celle mentionnée.


Cependant, pour la même période, les importations de miel de l'UE ont
connu une ascension, devenant le premier marché d'importation à
l'échelle mondiale. La consommation intérieure de miel dans l'UE
représente plus ou moins le double de la production communautaire. Les
principaux fournisseurs sont l'Argentine et la Chine (48 % en 2000),
suivis du Mexique, de la Hongrie et de la Roumanie.

Face à cela, on observe une baisse de 13 % (1997-2000) des exportations
communautaires vers des pays tiers, avec une légère reprise en 2001 (6
647 t). Leur importance sur le marché européen est insignifiante car ces
exportations représentent moins de 5 % de la production de miel.

Le marché du miel dans l'UE a connu ces dernières années d'importants changements, que nous analyserons plus avant en détail.



3.1. Importations de miel dans l'UE

3.1.1. Volumes

Importations de miel (en tonnes)
Les importations de miel dans l'UE ont augmenté de 17,7
% depuis 1997. Leurs destinations sont essentiellement l'Allemagne et
le Royaume-Uni qui représentent à deux presque 70 % du total des achats
communautaires. L'UE applique actuellement un droit de douane de 17,3 %
sur le miel.


3.1.2. Prix à l'importation



Prix des importations de miel dans l'UE (en euro/kg)


Pour la période 1997-2000, les prix moyens à l'importation ont baissé de
16 % dans l'UE. Cette importante chute des prix a été encore plus
marquée en Argentine (18,5 %) et en Chine (28,5 %), nos principaux
fournisseurs.
L'importation de miels à bas prix, souvent de qualité douteuse
(frelatage, résidus, etc.), permet au commerce et à l'industrie de tirer
les prix perçus par les apiculteurs européens à la baisse. Par
conséquent, les marges entre les coûts de production de ceux-ci et les
prix de vente sont minimes, ce qui se répercute durement sur la
rentabilité des exploitations.



3.1.3. Les fournisseurs


3.1.3.1. La Chine

Les chiffres des importations révèlent que la Chine a été le premier
fournisseur de miel de l'UE jusqu'en 1998, mais ses ventes ont baissé de
manière significative à partir de cette même année.



Chine : production, importation et exportation de miels (en tonnes)


En mai 1998, les apiculteurs européens dénoncent le frelatage des miels
avec des sirops de sucre à haute teneur en fructose de maïs (HFCS) ; et
blâment essentiellement les importations en provenance de Chine.

Vers la fin de cette année 1998, les organisations de consommateurs
européens commencent à se faire l'echo de cette problématique, et à
publier des études sur la qualité des miels. La première étude fut celle
de la Siftung Warrentest en Allemagne (oct. 1998).


La conséquence directe de cette situation est une chute de 37 % des
importations de miels chinois, de 55 529 t en 1998 à 34 997 t en 1999,
et la baisse se poursuit lors des années qui suivirent, privant ainsi la
Chine du titre de premier exportateur vers l'Union européenne. Cette
baisse des importations chinoises est encore plus marquée en Allemagne,
principal importateur dans l'UE (plus de 50 % du total des importations
communautaires). En effet, les importations ont chuté de 57 % et sont
passées de 29 093 t en 1998 à 12 552 t en 1999. Cependant, certains
Etats membres tels que l'Espagne et le Royaume-Uni maintiendront leur
rythme d'importation de ces mêmes miels ; laissant entrer sur leur
territoire les miels chinois bon marché et de moindre qualité (0,77 e/kg
en 1999 en Espagne ; 0,78 e/kg en 2000 au Royaume-Uni), comme cela
s'est avéré ultérieurement.



Exportations de miel de Chine (en tonnes)


En dépit de tout cela, le volume total des achats de miel de l'UE s'est
maintenu ; avec une augmentation des entrées d'autres fournisseurs tels
que l'Argentine.
Quelques années plus tôt, les Etats-Unis avaient connu une situation
similaire et le gouvernement américain avait adopté des mesures très
strictes pour interdire l'entrée des miels chinois frelatés à très bas
prix.


En 2002, un nouveau problème de qualité survient dans l'UE suite aux
importations de miels chinois. Un contrôle de l'Office alimentaire et
vétérinaire (OAV) de novembre 2001 met en lumière de sérieuses
déficiences du système chinois de contrôle des résidus dans les produits
d'origine animale et des problèmes liés à l'utilisation de substances
interdites dans le domaine vétérinaire.

Le 30 janvier 2002, la Commission européenne adopte, à la demande du
Comité vétérinaire permanent, la décision 2002/69/CE, qui interdit
l'importation de produits d'origine animale, et parmi eux du miel, en
provenance de Chine.

Le 19 février de la même année, l'Agence de sécurité alimentaire du
Royaume-Uni publie un rapport sur la détection de chloramphénicol dans
le miel, un antibiotique dont l'utilisation est interdite dans l'UE dans
le domaine vétérinaire. Cette molécule sera encore détectée
ultérieurement, en Belgique et en Allemagne, dans des lots en provenance
de Chine, et il existe des doutes également dans d'autres Etats
membres. La dénonciation par les apiculteurs de la pauvre qualité de ces
miels se voit une fois de plus confirmée.

3.1.3.2. L'Argentine

Les importations de miel argentin ont connu une spectaculaire ascension
entre 1997 et 2001. Le volume importé en 2001 (46 508 t) représente une
hausse de 159 % par rapport à 1997. La première destination de ces miels
est l'Allemagne, suivie de l'Italie et du Royaume-Uni et, enfin, de
l'Espagne.



Prix minimum du miel en provenance d'Argentine (en $/kg)


Sur la base des dénonciations de frelatage du miel chinois, l'Argentine a
augmenté ses exportations en 1999 (45 375 t) de 52 % par rapport à 1998
(29 768 t) et devient ainsi le premier fournisseur de l'Union
européenne. En outre, à partir d'avril 2001, en raison des effets
produits par les fortes mesures de protection introduites par les USA,
l'Argentine doit nécessairement replacer une partie de ses exportations.
Ces mesures antidumping avaient pour but de compliquer l'entrée des
miels bon marché en provenance de Chine et d'Argentine et d'ainsi
protéger la valeur de leur production indigène de miel.


En outre, cette situation s'est vue encouragée par la mise en œuvre de
mesures de soutien de l'UE en raison de la gravité de la crise
économique que traverse l'Argentine pour l'instant. Ce pays a demandé
des avantages pour ses exportations, avantages qui dans le cas du miel
seraient les mêmes exemptions de droit de douane dont jouissent les pays
qui font partie du système généralisé de préférences (SGP), et ce, pour
une période de 12 à 18 mois minimum.

3.1.3.3. Le Mexique

Le Mexique est le troisième fournisseur de miel de l'UE, avec des
exportations stables depuis 1997. Ce pays exporte presque la moitié de
sa production, et près de 80 % de ses exportations arrivent en Europe.
L'Allemagne monopolise près de 75 % des exportations mexicaines vers
l'UE, suivie par le Royaume-Uni. Ces exportations bénéficient des
Accords préférentiels depuis l'an 2000. En juillet 2000, avec l'entrée
en vigueur du traité de libre-échange entre le Mexique et l'UE (qui est
renouvelé annuellement), on fixe un contingent douanier pour le miel
(04090000) pour une quantité de 30 000 t, auquel s'appliquera un droit
de douane préférentiel qui ne dépassera pas 50 % du droit le plus bas
entre : a) le niveau du droit de douane de la nation la plus favorisée
(NMF), et b) le droit de douane du système généralisé de préférences
(SGP), applicable au moment de l'entrée des importations de miel du
Mexique. Ce qui se traduit actuellement par un droit de douane de 8,6 %.

Auparavant, les exportations de miel du Mexique, comme pays en voie de
développement jouissaient également d'un droit de douane réduit.

3.1.3.4. Les PECO

Les pays de l'Europe Centrale et Orientale sont également d'importants
fournisseurs de miel de l'UE. Le volume moyen des importations annuelles
de ces pays tourne autour des 20 000 t, ces pays étant la Hongrie, la
Roumanie, et la Bulgarie.

En 1998, en raison de la hausse des importations en provenance de Chine,
les importations en provenance de ces pays ont fortement diminué,
redescendant à 12 400 t.

Ces dernières années, le volume des importations a repris, à la faveur
des accords préférentiels dont bénéficient certains de ces pays, avec
des contingents annuels de miel qui entrent à droit zéro (Roumanie 6 000
t ; Bulgarie 3 000 t ; République tchèque 1 000 t…).
Il est important de signaler que les importations en provenance de ces
pays affectent de manière significative les producteurs des Etats
membres limitrophes puisqu'ils produisent des miels aux caractéristiques
similaires (ex. miel d'acacia) et aussi à cause de la baisse des prix
de 21 %, on est en effet passé de 1,6 e/kg en 1998 à 1,27 e/kg en 2000.

En tout cas, ces pays feront bientôt partie de l'UE (janvier 2004) et la
situation à leur égard changera radicalement puisque leur miel fera
alors partie de la production intérieure et non plus des importations.



3.2. Mouvements intracommunautaires

Une partie des mouvements de miel se fait également entre
Etats membres de l'UE. Les ventes intracommunautaires ont augmenté de 38
% de 1997 à 2001. Ces cinq dernières années, il faut aussi mentionner
une augmentation de 66 % des achats communautaires de miel enregistrée
en France. Ses principaux fournisseurs sont l'Allemagne et la Belgique
qui représentent pour l'année 2001, 73 % du total des achats à d'autres
Etats membres. Pour cette année-là, l'Allemagne a fourni près de 5 000 t
de miel.

La France est l'Etat de l'UE qui réalise le plus grand nombre d'achats à
d'autres pays communautaires, pour un total de 11 363 t en 2001.
L'Allemagne, au contraire, même si elle doit importer pour sa propre
consommation, est le principal fournisseur de miel des autres Etats
membres et a vendu 18 224 t en 2001.

Si on analyse ces mouvements, on observe qu'une part significative des
achats intracommunautaires correspond à des miels de pays tiers et ne
sont donc pas des miels de production propre. Le cas le plus flagrant
est celui de ces pays qui exportent vers d'autres Etats membres des
quantités très supérieures à leur propre production de miel (la
Belgique, la Hollande et l'Allemagne...). Cependant, il est très
probable que dans de nombreux cas, le miel ait circulé comme étant du
miel de l'UE.

Pour nous, la forte augmentation des mouvements intracommunautaires de
miel répond également à la recherche de la part des opérateurs de points
d'entrée dans l'UE moins sensibles en termes de contrôles pour se
déplacer ensuite, sans contrôle supplémentaire, vers les centres de
conditionnement souvent situés dans d'autres Etats membres.


4. Influences du marché mondial

La place de l'UE en tant que premier importateur sur le
marché mondial du miel en fait une des régions les plus sensibles aux
changements pouvant survenir sur ce dernier, que ces changements
touchent les pays producteurs ou d'autres importateurs (surtout les
USA). Chaque année, elle est obligée d'acheter de grandes quantités de
miel, à la merci de l'offre et de la demande. Ces facteurs ont un impact
direct sur le prix de vente de la production du secteur apicole
communautaire.

Les différents types de mécanismes de marché et de stratégies mis en
œuvre par les principaux opérateurs du marché mondial finissent toujours
par avoir des répercussions importantes sur notre situation de marché.



4.1. Rigueur des contrôles de qualité aux frontières

Les USA ont bloqué l'entrée des miels chinois frelatés à très
bas prix en 1997. Suite à ce contrôle, les importations se sont
réduites de 58 % de 18 497 t en 1996 à 7 805 t en 1997. En même temps,
la Chine a augmenté ses ventes à l'UE de 19 %, pour atteindre le record
historique de quantités exportées en 1998 avec 55 529 t.

En 1998, les apiculteurs européens dénoncent à leur tour l'entrée
d'autres miels frelatés, essentiellement des miels chinois. Dénonciation
qui a entraîné une baisse de 37 % de l'entrée de ces miels en 1999 par
rapport à l'année précédente. Face à cela, l'Argentine augmente ses
volumes d'exportation vers l'UE de 52 %, en passant de 29 768 t en 1998 à
45 375 t en 1999.
En 2002, nouveau problème de qualité des importations de miels chinois
dans l'UE. A la fin janvier, la Commission européenne décide d'interdire
les importations de certains produits d'origine animale, parmi lesquels
se trouve le miel. Même si on manque encore de données, cela a provoqué
une pénurie de miel sur le marché qui a déclenché la hausse consécutive
des prix perçus à l'origine par les apiculteurs : de 30 à 50 % dans
l'UE et près de 100 % en Argentine.

Evidemment, ceci a entraîné cette année une hausse automatique du prix
mondial du miel qui a doublé son prix habituel au mois de septembre. En
outre, ce blocage a forcé certains opérateurs à chercher des voies
alternatives pour introduire du miel chinois dans l'UE. Parmi ces autres
voies, on a essayé d'utiliser celle du Mexique qui jouit d'un accord
préférentiel puisque l'on a découvert au mois de juin plusieurs lots en
provenance de Chine dont le volume dépassait les 350 t.

Cependant, ces 10 dernières années, le Mexique n'a pas importé plus de
30-40 t/an en moyenne puisqu'il s'agit d'un pays nettement producteur.
On soupçonne également l'existence d'autres routes éventuelles sans
preuve tangible pour l'instant.

Fin août 2002, les USA ont aussi décelé la présence de chloramphénicol
dans des miels en provenance de Chine. Plus de 50 conteneurs ont été
saisis par les services des douanes et tous les miels provenant de ce
pays ont été soumis à des analyses rigoureuses.



4.2. Mesures fiscales

La crise économique en Argentine fin 2001 a débouché sur la
mise en œuvre par le gouvernement de toute une série d'actions qui
soutiennent avantageusement ses produits à l'exportation.

En janvier 2002, une baisse de 21 % à 10,5 % de la TVA sur le miel a été
introduite afin d'encourager les ventes à l'exportation. Plus tard, en
avril de la même année, le gouvernement a publié au Journal officiel
une résolution par laquelle il introduit un droit de 10 % à
l'exportation de miel, droit répercuté au niveau du prix de vente.



4.3. Mesures de protection et de soutien des productions indigènes


4.3.1. Mesures antidumping des USA (2001)



Principales importations de miel des Etats-Unis (en tonnes)

L'Argentine et la Chine sont les principaux fournisseurs de
miel des USA puisqu'ils représentent plus de la moitié des achats en
miel de ce pays. L'entrée de ces miels à très bas prix a amené le
gouvernement américain à prendre des mesures de régulation de ces
importations afin de protéger la valeur et le revenu de ses producteurs.


Effets des mesures anti-dumping des Etats-Unis sur les exportations de miel d'Argentine (en tonnes)


La " International Trade Commission " américaine a décrété le 7 novembre
2001, des mesures de production du secteur américain du miel par le
biais de mesures antidumping pour faire face aux importations de miel
argentin (ª 36,5 %) et chinois (ª 40 %). Les droits s'appliquent à
toutes les importations réalisées à partir du 31 mars 2001, date à
laquelle ont été publiés les droits préliminaires. Suite à cela, les
ventes de miel de l'Argentine aux USA ont baissé de 60 % par rapport à
l'an 2000 et pour la Chine, de 33 %.


Effets des mesures anti-dumping des Etats-Unis sur les exportations de miel de Chine (en tonnes)


Cette forte baisse des importations aux USA, qui coïncide avec une
légère baisse de leur production en 2001, a déclenché une augmentation
de 12 % des prix sur le marché intérieur, qui sont passés de 1,51 à 1,69
e/kg. Les mesures anti-dumping prises par le gouvernement permettent
donc une protection du prix de la marchandise et du revenu des
producteurs.
Face à cela nous voyons que les exportations de ces deux pays vers l'UE
ont augmenté en 2001 par rapport à 2000. Dans le cas de l'Argentine,
elles ont augmenté de 10 % et dans celui de la Chine de 12 %. On en
déduit donc qu'une partie des ventes habituelles vers les USA a été
réorienté vers l'UE.



4.3.2. Farm Bill des USA (2002)


Avec le Farm Bill, les Etats-Unis introduisent des programmes de
protection du revenu de leurs agriculteurs. Cette loi restera en vigueur
pour les 6 prochaines années.

Dans le cas du miel, on introduit un mécanisme qui fixe un prix minimum
(le "loan rate") de 1,32 $/kg (révisable en fonction de l'évolution du
marché) qui, étant donné les caractéristiques de leurs exploitations
apicoles, garantit la viabilité de celles-ci. De cette manière, dès que
le prix du marché est inférieur à ce prix (même si le produit a déjà été
vendu), la différence sera immédiatement versée à l'apiculteur.

Ce système aura des répercussions considérables sur le commerce
international et sur le prix mondial car, indépendamment de la situation
de marché, le secteur apicole des USA bénéficiera de la garantie d'un
prix fixe, et selon les analyses de nombreux experts, cela favorisera
une tendance à la hausse de la production, comme cela peut être le cas
d'autres produits agricoles.



4.4. Autres mécanismes

Tout au long de cette étude nous avons analysé également
d'autres événements marquants en termes d'impact sur le marché du miel
dans l'UE.

Parmi ceux-ci, il convient de mentionner les augmentations de production
dans certains des principaux pays exportateurs. Il faut également
souligner l'importance des accords préférentiels tels que ceux passés
avec le Mexique et les PECO que nous avons mentionnés plus tôt. En ce
sens, on peut signaler la possibilité d'un futur accord avec MERCOSUR
qui permettrait, dans un délai de moins de 10 ans, l'entrée dans l'UE de
miel de cette région à droit de douane zéro.


5.
Conclusions de l'étude sur le marché du miel dans l'UE



  1. Le marché du miel de l'UE présente une grande instabilité, comme le montrent clairement les données de la période 1997-2001 :
    Augmentation des importations de 17,7 %.
    Diminution moyenne du prix d'importation de 16 %.
    Augmentation des échanges intra-communautaires de 38 %.
    Apparition de changements très significatifs parmi nos principaux fournisseurs.
  2. La nécessité de l'UE d'importer du miel pour satisfaire la
    consommation a facilité pendant de nombreuses années l'entrée de miels
    bon marché et de qualité douteuse (frelaté, présence de résidus, etc.)
    sur le marché européen. Cela a permis au commerce et à l'industrie
    européenne de tirer à la baisse les prix perçus par les apiculteurs de
    l'UE, avec, pour conséquence, une perte de revenus pour le secteur
    apicole.

  3. Le miel est un produit agricole non excédentaire au sein
    de l'UE mais qui dépend du va-et-vient du marché, car il n'est pas
    soumis à une OCM.

  4. Bien qu'il s'agisse d'une activité agricole fragile, qui
    cadre parfaitement avec les critères actuels de la réforme de la PAC
    (critères environnementaux, production de qualité...), il est laissé à
    son propre sort, aux dépens du marché mondial.

  5. L'établissement temporaire de contrôles de qualité plus
    rigoureux en 2002 a donné raison aux producteurs européens, en ce qui
    concerne la mauvaise qualité de beaucoup des miels importés. Cela a
    produit un changement très important sur le marché européen du miel, et
    le blocage de l'entrée de miels chinois ainsi qu'une augmentation des
    prix perçus par les apiculteurs de l'UE de 30-50 % pendant la campagne
    2002.

  6. L'adoption aux USA de mesures protectionnistes pour leurs
    apiculteurs suppose d'importantes modifications des prix, ainsi que sur
    le marché de l'UE, ce qui modifie très sérieusement la rentabilité de
    nos exploitations apicoles.

  7. La signature de nouveaux accords préférentiels avec des
    pays tiers, qui utilisent toujours le miel comme monnaie d'échange,
    ouvrira d'autant plus notre marché et mettra en péril la viabilité de
    nos exploitations.

  8. L'augmentation prévisible de l'offre de miel sur le marché
    européen pendant ces prochaines années peut entraîner une chute des
    prix encore plus grande que celle des cinq dernières années.

  9. Le règlement (CE) 1221/97 est totalement insuffisant dans
    son approche actuelle. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire de
    le modifier et de l'améliorer selon les propositions faites par le
    COPA-COGECA et par le Parlement européen (résolution A5-0381/2001 du
    13/12/01).


Propositions et alternatives à la situation actuelle du marché européen du miel
:



  1. Il est important d'assurer la viabilité des exploitations apicoles de différentes manières :
    Mesures spécifiques de
    soutien, particulièrement pour compenser les pertes de revenu liées aux
    disparités du marché, qui découlent de l'absence de préférence
    communautaire dans ce secteur.
    Renforcement des contrôles
    de qualité aux frontières qui empêchent l'entrée des miels de basse
    qualité ou frelatés, qui entrent en concurrence déloyale avec nos
    productions.
    Protection de notre
    production intérieure, évitant ainsi le démantèlement des barrières
    douanières actuelles, et établissement d'autres systèmes compatibles
    avec les règles du commerce international.
  2. Etablissement d'un soutien institutionnel clair qui doit
    se baser sur la reconnaissance et la rétribution du service
    environnemental que les apiculteurs rendent, avec la pollinisation, à
    l'agriculture et à la société dans son ensemble avec leur cheptel, les
    ruches d'abeilles.

  3. Valorisation de l'activité apicole comme créatrice
    d'emplois et de richesse dans le monde rural, qui évite ainsi l'exode
    vers les villes, et qui tire profit des ressources endogènes, tout en
    favorisant la régénération de la couverture végétale et la production
    d'aliments de haute qualité. Cela devrait permettre également le
    développement d'une vocation de défense de nos producteurs au sein de
    l'UE, qui existe déjà dans d'autres secteurs, mais pas dans
    l'apiculture.

  4. Promotion du miel européen, grâce à la politique de
    promotion interne, à l'aide de campagnes de promotion du miel produit à
    l'intérieur de l'UE.

  5. Aide à la commercialisation en commun et aux structures
    coopératives, qui permettent aux apiculteurs d'améliorer leur
    compétitivité sur le marché.




avec l'aimable autorisation
de la revue Abeilles et Fleurs

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