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Le piégeage des essaims : quelques procédés pour récupérer les essaims volages

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Le piégeage des essaims : quelques procédés pour récupérer les essaims volages

Message par Admin le Sam 13 Aoû - 13:49


Le
piégeage des essaims : quelques procédés pour récupérer les essaims
volages...


avec
l'aimable autorisation de la revue





LE PIEGEAGE DES ESSAIMS A LA PORTEE DE TOUS


Chaque année, il se perd un très grand nombre d'essaims, soit parce que
l'apiculteur possédant un rucher éloigné de son domicile ne peut exercer
une surveillance suffisante, soit parce qu'il se désintéresse de la
question, sans compter les essaims s'évadant de colonies sauvages. La
valeur de ces essaims, perdus pour tout le monde, représente un capital
considérable et une perte pour l'économie du pays. Ce sont ces essaims
que je vous offre de recueillir par la méthode
des ruchettes pièges, établie d'après les données de plusieurs piégeurs
expérimentés, données qui sont le fruit de l'expérience en la matière,
de praticiens désintéressés, oeuvrant pour le seul bien de tous les amis
des abeilles, ainsi que pour une grand part de ma propre expérience.

Beaucoup trop de gens s'imaginent encore que le piégeage n'est pas à la
portée de tout le monde ; certains autres croient qu'il faut un certain
pouvoir, un don presque. Il y en a beaucoup certes, qui auraient voulu
pratiquer le piégeage, mais ils ne savaient trop comment s'y prendre.

Cette étude simple mais suffisamment complète permettra à toute
personne, ayant quelques connaissances sur les mœurs des abeilles et qui
la suivra scrupuleusement de tout son long, d'avoir des résultats
surprenants comme en ont eu tant d'autres piégeurs jusqu'à ce jour.

J'espère que tous ceux qui sont intéressés, sauront utiliser le
piégeage pour leur profit et qu'ils le propageront afin qu'il soit connu
de tous.

I - CATEGORIES DE PIEGES

1 - Ruchettes de 4 à 6 cadres usagées : se servir de ruchettes ayant
déjà contenu des abeilles, donc bien propolisées, qui sont en parfaite
condition pour servir de pièges.

2 - Corps " standard " 10 cadres usagés : de préférence se servir de
corps ayant servi de ruches, aux parois et angles très propolisées,
ayant servi au moins une saison.
Ce sont souvent de gros essaims qui s'enruchent dans les pièges les plus grands.

3 - Ruchettes 4 à 6 cadres neuves : pour les ruchettes neuves, veillez à
ce que le bois n'ait pas une mauvaise odeur. On frottera les parois, le
fond et le dessous du couvre-cadres avec une boule de propolis. On
vaporisera à plusieurs reprises avec de l'eau miellée ou mieux avec "
l'eau de cire " (voir n° 7).
Ces opérations peuvent servir pour faire disparaître les odeurs dues au bois : dans ce cas, frottez la ruchette avec de la
propolis jusqu'à ce que l'odeur de cette dernière soit plus forte que celle du bois.





II - PRODUITS NATURELS ATTRACTIFS DE LA RUCHE

Ces produits sont donnés par ordre d'importance, dans la préparation des pièges.

4 - Rayons de cire noire : pour les apiculteurs ayant déjà des ruches à
cadres, repérez à l'automne un certain nombre de cadres de cire noire,
bien construits de cellules d'ouvrières. Disposez ces cadres dans le
corps de ruches habitées ou dans les hausses.

5 - Miel : les abeilles décèlent de très loin sa moindre émanation.
Grâce à l'acuité extrême de l'odorat des abeilles, plusieurs pièges sont
ainsi repérés ou visités au moyen du seul attrait du miel. On
l'emploie, généralement, sous forme d'eau miellée en vaporisation dans
les pièges. Un cadre contenant un reste de miel peut convenir également.

6 - Propolis : la propolis, par son odeur pénétrante, joue aussi son
rôle dans l'amorçage d'un piège et, à ce titre, fait partie des produits
attractifs. La récupérer en raclant l'intérieur des ruches et les
montants des cadres fortement propolisés. Assembler en une boule les
débris, en les chauffant. Cette dernière, en refroidissant devient dure
et cassante. On s'en servira avantageusement, pour frotter l'intérieur
des pièges.

7 - Eau de cire : broyer des rayons noirs, contenant du pollen, les
faire bouillir dans un faible volume d'eau, pendant quelques minutes.
Laisser refroidir et filtrer. Le liquide, noirâtre obtenu, additionné
d'un faible pourcentage de miel, constitue un produit attractif de
première classe, supérieur à l'eau miellée.

8 - Cire, miel et propolis, chaque substance dégage une odeur spécifique
propre, mais ces trois matières en se coordonnant, forment dans un
piège, le climat complet et odorant d'une ruche, qui peut suffire à
l'amorçage des pièges.





III - PLANTES ODORIFERANTES ET PRODUITS ATTIRE-ESSAIMS DU COMMERCE

Certaines plantes, par leur parfum pénétrant, attirent plus
particulièrement les abeilles et, d'expérience universelle, celles-ci
recherchent toujours les plantes se rangeant dans la classification dite
"citronnelle ", nom donné vulgairement à plusieurs plantes dont les
feuilles exhalent quand on les froisse, répandant une odeur de citron.

9 - La mélisse : la plante froissée répand une odeur très appréciée des
abeilles ; elle est analogue à celle du citron. On distille, avec de
l'eau, la mélisse après l'avoir divisée, concassée, pour mieux diffuser
l'essence.

10 - Verveine, citronnelle : des feuilles émettant une odeur de citron,
on en extrait un parfum pour la liquoristerie et l'apiculture. Les
essences de verveine s'obtiennent par distillation.

11 - Le mélinet : le procédé de distillation, utilisé pour la tige et
les feuilles, est moins applicable pour les fleurs. L'extraction du
parfum contenu dans les corolles des fleurs, s'effectue par enfleurage.

12 - Le citronnier : puisque l'odeur agréable du citron attire
puissamment les abeilles, pourquoi dès lors ne pas
l'extraire du fruit oblong du limonier ? Il ne faut pas confondre cette
essence pénétrante renfermée dans les nombreuses glandes de l'écorce ou
zeste, avec le suc acide contenu dans les loges du fruit. L'extraction
des essences de citron se fait par expression.

13 - L'anis : il a été prouvé que l'huile d'anis dont le parfum est très
fort, attire également les essaims. Le fruit a une odeur fortement
aromatique, très agréable, chaude et piquante. La graine ou fruit,
soigneusement concassée, donne par macération dans l'alcool, un
excellent produit attire-essaim.

14 - Certains piégeurs utilisent encore ces plantes odoriférantes
séchées. Ils frottent, avec les tiges et les feuilles, l'intérieur des
pièges qui acquièrent l'odeur spécifique de la plante. On peut aussi
mettre directement les tiges et feuilles broyées dans les pièges comme
attire-essaims en complément des produits de la ruche. Les résultats
obtenus sont très satisfaisants.

15 - Depuis quelques années, particulièrement favorisées par une
recherche intensive d'abeilles, de nombreuses maisons ont lancé sur le
marché divers produits attire-essaims. Sous la forme d'alcoolés à
évaporation plus ou moins lente, suivant le degré de concentration du
dissolvant, ou bien en pommade à consistance molle, tous ces produits de
composition bien étudiée ont, d'expérience universelle, fait leurs
preuves et se sont avérés parfaitement efficaces.

16 - Alcoolés : les attire-essaims ayant pour base l'alcool tenant en
dissolution les globules d'essence aromatique que fournit la
distillation, l'enfleurage, l'expression ou la macération des plantes
odoriférantes se rangent dans la catégorie des alcoolés.

C'est ainsi que l'essence de citron, quel que soit son procédé
d'extraction est le parfum particulièrement employé par l'industrie
apicole. Cette essence détient une odeur agréable, liquide, incolore,
parfois légèrement jaunâtre. Bien qu'elle soit très stable, elle
s'altère sous l'influence de la lumière, se volatilise sous l'action de
la chaleur. Peu soluble dans l'eau, elle se dissout entièrement dans
l'alcool.

Cet attire-essaims est de bonne conservation à la condition de le garder dans des flacons bien bouchés pour le soustraire
à l'action de l'air, éviter l'action de la lumière. L'évaporation lente
et continue s'obtient en introduisant dans l'ampoule fixée verticalement
au milieu du piège, un fil de coton ou un mince rouleau de papier
buvard, dépassant d'un centimètre l'étroit orifice de l'ampoule.

17 - Pommades : la seconde catégorie d'attire-essaims est présentée sous
forme de pommade à consistance molle, composée par une préparation de
base, à savoir la vieille cire et la propolis. L'emploi de certains
corps gras qui permet au produit de conserver sa consistance molle,
présente de nombreux inconvénients. Il est incorporé par petites
portions, l'essence de citron. Le mélange ainsi obtenu, dosé
convenablement, donne un produit merveilleux pour attirer et enchaîner
les essaims.

IV - EMPLACEMENT DES PIEGES

18 - Dans le rucher : la ruche étant la source des essaims,
il est tout indiqué de placer des pièges aux alentours immédiats des
ruches. La pratique montre que peu d'essaims s'enruchent aussi
facilement.

19 - Alentours de ruchers ou colonies sauvages : cette zone est
minutieusement prospectée à l'approche de la période d'essaimage ; elle
est donc des plus recommandable pour la pose des pièges. S'abstenir de
piéger trop près : de 500 à 800 mètres de ceux-ci.

20 - Emplacements empiriques : dans la nature, certains endroits
reçoivent annuellement la visite d'essaims voyageurs. Lorsqu'un lieu a
reçu la visite d'un essaim, d'autres vont s'y poser. Le piégeur
utilisera ces endroits favorisés, avec grand succès.

21 - Passages : certains endroits sont aussi très fréquentés par le
passage d'essaims comme pour les oiseaux migrateurs. Si au hasard des
circonstances, l'on a pu repérer un lieu de passage, l'utiliser pour le
piégeage.

22 - Anciens pièges : il va sans dire que l'emplacement des pièges où
l'on a capturé des essaims l'année précédente ne doit jamais être
abandonné car tous les ans des essaims y viendront. De même, remplacer
de suite par un piège vide, un piège venant d'être occupé. L'expérience a
démontré que dans de bonnes conditions, certains emplacements
fournissent chaque année jusqu'à 6 essaims successifs et plus, en
renouvelant les pièges dès qu'ils étaient occupés.

23 - Endroits abrités : les coins à l'abri des vents dominants
conviennent le mieux aux abeilles. Celles-ci, en effet, peuvent prendre
sans peine leur essor, s'orienter sans difficultés, partir et rentrer
facilement. Les emplacements exposés aux vents froids sont à proscrire.

24 - Lieux tranquilles : les abeilles par elles-mêmes ne sont point
agressives et aiment travailler dans une parfaite quiétude loin de tout
bruit et de toute incursion étrangère. Pour cette raison, les endroits
tranquilles loin de tout tumulte conviennent le mieux à l'installation
des pièges. Eviter donc la proximité de routes, voies ferrées, usines,
etc...

25 - Proximité de points d'eau : l'eau de bonne qualité, limpide et
courante si possible, joue un grand rôle dans la prospection d'un
terrain en vue du piégeage. Certains piégeurs ont remarqué qu'il existe
toujours des nappes d'eau souterraines à proximité immédiate des
endroits où se posent les essaims.

26 - Proximité de la flore mellifère : en quête de leur précieuse
pâture, les abeilles doivent parcourir de longs et fatigants voyages
pour chercher et ramener pollen et nectar, puisés dans les fleurs. Aux
prises avec tant de difficultés, lors de l'essaimage, elles se
rapprochent instinctivement du lieu de leur travail.

27 - Voici les facteurs qu'il fallait connaître pour arriver à trouver
des emplacements convenant bien à la pose des pièges. Si le piégeur tend
ses pièges en petit nombre, près de son habitation, peu importe qu'ils
soient visibles ou non de tout le monde. Mais lorsque celui-ci pose tous
les ans, plusieurs dizaines de pièges, il est amené à les poser loin de
chez lui, dans les lieux éloignés de la présence humaine. Donc, il
agira prudemment, en disposant ses pièges de manière qu'ils ne soient
pas à la vue du premier venu, mais largement cachés dans les branchages.
On évitera la proximité de lieux fréquentés, route principalement.
Bien qu'il soit regrettable d'en parler à notre époque, il existe
beaucoup trop de gens mal intentionnés qui viennent cueillir le fruit du
travail des autres. Les pièges, par leur faible volume et leur légèreté
sont facilement enlevés par le maraudeur qui veille d'un œil attentif
que ceux-ci se peuplent.

28 - Il est d'ailleurs aisé de comprendre qu'un emplacement ne peut
parfois réunir toutes les conditions énumérées. Le piégeur en retiendra
un maximum. Après une saison de pratique, il conservera pour la saison
suivante, les emplacements lui ayant fourni des essaims et délaissera
les autres. La saison prochaine, il sélectionnera de même de nouveaux
emplacements pour arriver à n'avoir que des emplacements " productifs ".

29 - Si le piégeur est amené à poser des pièges sur des lieux ne lui
appartenant pas, il demandera toujours l'autorisation au propriétaire,
qui en général, en lui cédant un pot de miel, acceptera volontiers,
lorsque ce terrain est boisé ou inexploité.
Il se préservera de beaucoup d'ennuis en ne posant aucun piège près des
ruchers d'autres apiculteurs. C'est un minimum de correction et
d'honnêteté.

V - POINTS IMPORTANTS A OBSERVER LORS DE LA POSE D'UN PIEGE

30 - Hauteur : de préférence, ils ne doivent pas être fixés trop haut,
pour pouvoir les inspecter d'à terre. Lorsqu'on les fixe dans les haies,
les arbustes touffus, isolés, on les placera entre un et trois mètres,
hauteur à laquelle se fixent normalement les essaims naturels.
Toutefois, lorsqu'on peut y accéder plus facilement, on peut toujours
les fixer plus haut à condition que l'emplacement respecte toutes les
directives.

31 - Fixité : éviter tout support qui n'est pas stable, les arbustes qui
remuent au moindre vent, la cime des arbres. S'assurer par avance que
le piège est solidaire de son support et que ce dernier supportera - le
cas échéant - le poids de l'essaim et des futures fondations, miel et
couvain, si le piège reçoit des visites à assez longs intervalles. Il
arrive qu'un piège, alourdi par ses occupantes improvisées, fait plier
son support. Ce piège peut rester dans une position empêchant les
abeilles de construire suivant les amorces. Celui-ci peut arriver à
tomber à terre ; alors, souvent les abeilles déroutées, quittent leur
habitation.





32 - Ombragé : disposer les pièges dans des endroits ombragés mais
où filtre largement la lumière solaire. Préférer les haies claires,
buissons, arbustes, clairières, lisières de bois bien orientées où
l'ombre et le soleil jouent ensemble. Eviter les lieux où règne une
ombre froide et humide.

33 - Dégagé : veiller à ce que les abeilles puissent accéder facilement
au piège. Le devant du piège doit être libre sur le champ d'envol des
abeilles. Ne pas y laisser la végétation à cette époque où elle est très
active. Eviter les clairières entourées de grands arbres et le fond des
bois.

34 - Orientation : diriger l'entrée du piège, toutes les fois qu'il sera
possible, vers l'est. Lorsqu'il est le long d'une lisière, dans une
clairière, une haie, la diriger vers la partie la plus libre. Eviter
cependant les directions d'où les rayons solaires ne viennent pas mais
d'où viennent généralement les intempéries (plein vent).

35 - Incliner le piège légèrement vers l'avant pour faciliter
l'écoulement de l'eau, du toit et de celle qui risque de s'introduire
dans le piège par l'entrée.

36 - Accessibilité aux alentours des pièges : les placer à proximité de
chemins, tout en n'étant pas visibles des passants. Eviter de les placer
dans les buissons épineux, d'avoir à traverser fossés, talus, haies,
marécages ... pour y accéder, car lorsqu'ils seront habités, leur
enlèvement serait rendu difficile (voir n°49). Dans le même ordre
d'idée, éviter de les placer trop haut car, pour les descendre, on se
heurtera à de graves ennuis.

VI - PREPARATION DES PIEGES :

37 - Préparation matérielle : les pièges, qu'ils soient constitués soit
par un corps 10 cadres, soit par une ruchette de quelques cadres,
comportent tous les éléments d'une ruche ordinaire. Le plateau, fixe,
maintient le corps formé par l'assemblage de planches jointes avec une
grande précision, empêchant de laisser passer l'eau, le froid et
l'humidité, nuisibles aux pièges. On emploie généralement des planches
de faible épaisseur. Une légère ouverture pratiquée sur la face
antérieure constituera l'entrée qui ne devra pas ouvrir plus de 10 mm
d'espacement ; cela évitera de laisser s'introduire les mulots ainsi
qu'un certain nombre d'autres parasites qui, comme on le sait, font des
ravages dans les pièges. L'entrée pourra être munie d'une fermeture à
glissière qu'il suffira de poser pour l'obstruer, lors du transport des
pièges habités. La planche de vol sera constituée par le plateau
débordant de 2 à 3 cm où pourront se poser les repéreuses avant
l'inspection intérieure. Le couvre-cadres peut être remplacé par de
l'isorel, du contreplaqué, très légers. Plus avantageusement, on utilise
le carton fort d'emballage qui ne sert qu'une saison. Les cadres de
type normal sont maintenus par le bas au moyen de crampons fixés dans
les intervalles des cadres. Cette disposition évitera durant le
transport l'engluement et l'écrasement de la reine et d'une grande
partie des abeilles.

Quant à la couverture des pièges, on utilisera : la tôle d'aluminium,
légère, le carton bitumé peu recommandé, ou des feuilles de plastique
assez épaisses, des plus recommandables pour les pièges.

38 - Amorçage des pièges : pour les pièges ayant contenu des abeilles,
disposer au centre deux cadres de vieille cire noire en laissant entre
eux l'intervalle d'un cadre. Remplir le vide par des cadres amorcés de
vieux rayons de cire gaufrée ou vides. Les cadres neufs seront frottés à
la propolis. Badigeonner les parois intérieures d'eau miellée, les
enduire de produit attire-essaims en pommade, complément des produits
naturels qui n'est pas indispensable pour le piégeage. Ceci fait, le
piège refermé est prêt pour être emporté vers l'emplacement choisi. Pour
les pièges neufs, agir comme pour les pièges usagés, mais en plus,
enduire l'intérieur de propolis, jusqu'à ce qu'ils en soient bien
imprégnés.

VII - EPOQUE DE L'ESSAIMAGE ET DE LA POSE DES PIEGES :

39 - Début de l'essaimage : il est difficile de préciser exactement la
date du début de l'essaimage. D'après les constatations extérieures,
l'essaimage est en fonction de la flore mellifère, elle-même
conditionnée par l'avancement de la végétation au printemps.
L'expérimentation permet toutefois de fixer une date approximative. Il
débute mi-avril dans le sud-est, début mai dans le sud-ouest, mi-mai
dans le centre, le nord, l'est, etc.. Plus tard encore dans les régions
d'altitude.

40 - Date pour la pose des pièges : il faut poser les pièges une
quinzaine de jours avant le début de l'essaimage. Donc ce sera début
avril pour le sud-est, 20 avril pour le sud-ouest et début mai pour une
grande partie de la France.
Pour les débutants, placez-les assez tôt, comme cela, malgré que
l'essaimage soit précoce, vous serez sûr de les avoir placés à temps.

C'est vers l'époque de l'essaimage, lors de leurs sorties aux champs,
mues par un instinct de sécurité et de future conser-vation, que
certaines butineuses investigatrices - les repéreuses - repèrent des
abris attrayants - les pièges - et dans leur mémoire topographique les
conservent jusqu'au jour de l'essaimage.
C'est ainsi que les pièges seront minutieusement inspectés s'ils sont placés à temps.

VIII - VISITES :

41 - La fréquence des visites s'impose pour plusieurs raisons énumérées
tout au long de cette étude. On pourra visiter les pièges tous les jours
si le piégeur en a le temps mais généralement tous les 2 à 3 jours en
période de pleine activité des abeilles, 4 à 5 jours si le temps est
moins favorable.

42 - But des visites : les pièges ne demandent pas une surveillance
assidue, mais des visites effectuées régulièrement pour plusieurs
raisons que je vais étudier ci-après.

43 - Stabilité du piège : s'assurer que le piège est toujours bien en
place car les forts coups de vent peuvent le déplacer ou le faire tomber
à terre, lorsque celui-ci avait été mal fixé.
Mais quelle que soit sa position, un piège ayant déjà reçu la visite de
nombreuses repéreuses ne doit pas être déplacé à la légère, sinon les
repéreuses l'abandonnent immédiatement. Il convient de signaler que les
abeilles découvrent les déplacements insignifiants grâce à leur exercice
chorégraphique.

44 - Constater la présence de repéreuses : les repéreuses sont des
abeilles qui, attirées par les effluves se dégageant du piège, volent en
tourbillonnant autour, rentrent dans celui-ci pour le nettoyer,
lorsqu'elles pensent l'élire comme leur futur logis. Leur vol pendant
leurs entrées et sorties peut se confondre avec celui d'un essaim de
pollen, alors que celles d'un essaim en rapportent. Leur nombre est
aussi moins important.

45 - Constater la prise d'un essaim :


De jour on est averti par l'allée
et venue des abeilles qu'il ne faut pas confondre avec les repéreuses
qui peuvent tromper le débutant non averti. Un indice ne laissant aucun
doute entre les deux hypothèses et prouvant que l'on est en présence
d'un essaim, c'est la rentrée d'abeilles ayant des pelotes de pollen.
Cet indice est sûr et très visible lorsque les abeilles travaillent au
dehors.
De nuit et lorsque les abeilles ne
sortent pas : on porte l'oreille près du piège et après avoir donné un
coup contre la paroi, il se fait un fort bourdonnement qui dure quelques
secondes. La reine est là.
Dès que l'on aura constaté la prise d'un essaim, il faudra enlever
le piège au plus tôt pour éviter aux butineuses de fixer en leur
mémoire, cet emplacement. Sinon, après l'enlèvement du piège, si
celui-ci est transporté près de là, les butineuses reviendraient à leur
ancien emplacement et seraient perdues.
46 - Renouveler le parfum : un parfum ne peut agir indéfiniment,
exposé à l'air, à la chaleur et à la lumière, lentement il s'exhale,
s'épuise et perd son pouvoir attractif. Il faut donc renouveler le
produit odoriférant tous les 4 à 5 jours suivant le produit utilisé.

47 - Relever la présence d' " anomalies "


Essaims pendus sous les pièges : il
arrive assez fréquemment de rencontrer des essaims pendus sous les
pièges où ils commencent à construire. Seules des visites fréquentes
permettront de remédier sans retard à cette " anomalie ". Il ne restera
qu'à enrucher l'essaim dans une ruche comme pour un essaim accroché à
une branche.
48 - Essaim désertant le piège : il arrive aussi que des essaims
bien installés dans les pièges et ayant couvain et miel désertent leur
habitation. Les raisons en sont multiples. On peut empêcher la désertion
de se produire en faisant des visites fréquentes et en transvasant de
suite dans les conditions données plus loin.

IX - ENLEVEMENT ET TRANSPORT DES PIEGES HABITES :

49 - L'enlèvement des pièges habités doit se faire dès que l'on a
constaté la prise d'un essaim, pour plusieurs raisons énoncées dans
cette étude. Pendant cette opération, deux facteurs doivent attirer
l'attention du piégeur : la fragilité des pièges et leur poids.

50 - Fragilité : tout piège habité doit être considéré comme fragile.
Eviter surtout les coups ou chocs brusques. Les nouvelles bâtisses de
cire blanche risquent de se briser facilement ; pour éviter aux abeilles
de trop s'exciter, ce qui est contraire au naturel de celles-ci.

51 - Poids : Il faut penser que si les visites ne sont pas très
fréquentes, le piège contient les nouveaux rayons avec le miel et le
couvain, ce qui les rend très lourds. Il ne faudra pas se laisser
surprendre par leur poids.

52 - Jointures : Avant d'enlever le piège, vérifier les jointures qui,
même si l'on a eu la précaution de les obstruer avec de la cire fondue,
risquent, en étant restées aux intempéries, de se déformer légèrement,
provoquant des orifices favorables à la sortie d'abeilles. On sait que
la sortie d'abeilles est assez désagréable.

53 - Entrée : elle sera fermée en poussant la glissière, si les pièges
sont dotés de fermeture à glissière, sinon elle le sera à l'aide d'une
bande de grille fine, fixée à l'aide de punaises. Vérifier que les
abeilles ne sortent pas. Ce dispositif permet aux abeilles de respirer, à
l'atmosphère intérieure des pièges de ne pas s'échauffer et de se
renouveler lorsque les abeilles doivent rester claustrée plusieurs
heures. On évitera ainsi l'étouffement partiel ou total de la colonie.

54 - Transport des pièges habités : pour le novice, il pourra sembler
drôle, à première vue que ce transport se fasse, généralement de nuit à
cette époque où les abeilles sortent tôt le matin et tard le soir. Il
pourra se faire, si pour raison de mauvais temps, les abeilles ne
sortent pas, car toute abeille sortie est perdue. Eviter le soir d'une
journée où la miellée a été abondante.

55 - Quel que soit le moyen de transport utilisé, prévoir sur le
plancher du véhicule sur lequel les pièges seront transportés, un lit de
paille, mousse, paillassons, etc... de manière à amortir les chocs
possibles. Pour cela disposer les pièges les uns contre les autres sur
une seule couche. Il va sans dire que le transport se fera à faible
allure.

56 - Distance : Lorsque le piège est occupé depuis un certain temps,
penser, lors de l'enlèvement, de le transporter à une distance
suffisante pour éviter le retour des butineuses à leur ancien
emplacement car elles seraient perdues. Cette
distance sera au minimum de 3 km.

X - TRANSVASEMENT DES ESSAIMS PIEGES :

57 - Ruchettes : le transvasement est des plus simple ; il
suffit de mettre les cadres contenus dans la ruchette, recouverts de
leurs abeilles, dans une ruche ordinaire préparée d'avance. En retirant
doucement les cadres qui seront déjà plus ou moins construits, on
emmènera avec, une grande partie de l'essaim. Les abeilles restant dans
la ruchette seront balayées sur la ruche ou poussées à la fumée.
La ruchette ainsi libérée et après avoir reçu de nouveaux cadres de cire
gaufrée ou vides, dont deux de cire noire, sera remise aussitôt à son
ancien emplacement.

58 - Corps : Lorsque le piège est un corps de ruche et que l'on veut y
laisser les abeilles, il n'y aura aucun transvasement. Seuls, les cadres
vides et de cire gaufrée seront remplacés, dans la mesure du possible,
par des cadres construits.

59 - Conduite des essaims nouvellement transvasés : pour assurer un bon
et rapide démarrage, indispensable aux jeunes essaims, certaines
précautions sont à prendre pour qu'ils puissent : construire un nombre
assez important de rayons pour loger le couvain abondant, le miel et le
pollen pour l'hivernage. Ainsi, l'on aura une colonie forte et bien
approvisionnée à l'entrée de l'hiver.

60 - Cadres : lors du transvasement, remplir la nouvelle ruche, si
possible avec des cadres déjà construits, sinon, avec des cadres de cire
gaufrée, pour permettre à l'essaim de construire vite ses fondations.
On sait aussi combien coûte aux abeilles la production de quantité importante de cire.

61 - Nourrissement : lorsque le piégeur est déjà possesseur de ruches à
cadres, il agira prudemment en donnant à chaque ruchée, deux cadres de
provisions ; miel et pollen. Pour le piégeur ne disposant pas de cadres
de miel, il pourra nourrir les essaims au sirop de sucre, à 50 %.
Cette dotation est indispensable si les abeilles ne peuvent butiner au
dehors, mais n'est pas superflue même s'il y a miellée ; les essaims
s'en trouveront toujours bien.

62 - Renforcement : en supposant toujours que le piégeur possède déjà
des abeilles, il pourra mettre la nouvelle ruche à la place d'une très
forte ruche de son rucher. Les butineuses qui seront au dehors lors de
l'opération, viendront renforcer la population de l'essaim.
Il peut aussi renforcer la nouvelle ruche par apports de deux cadres de
couvain operculé. D'autre part, le couvain non operculé a le pouvoir de
retenir dans la ruche les essaims qui seraient tentés de déserter leur
nouvelle ruche, après le transvasement. Pour se mettre en garde de la
désertion, toujours possible, on renforcera la nouvelle ruchée avec un
cadre de couvain operculé et un de couvain ouvert.
Néanmoins, lorsque le piégeur en aura la possibilité, il pourra utiliser les deux modes de renforcement ensemble.






XI - ENLEVEMENT ET NETTOYAGE DES PIEGES VIDES :

63 - Pour l'enlèvement des pièges vides, aucune des précautions énoncées
pour les pièges habités, n'est à prendre. Toutefois, un certain
ménagement doit leur être apporté, leurs parois de faible épaisseur
étant tout de même facilement détériorables ainsi que les cadres de
cire noire ayant servi à l'amorçage.

64 - Epoque : les pièges vides, une fois l'essaimage terminé ne doivent
pas rester indéfiniment sur leurs emplacements. On voit beaucoup trop
de piégeurs laisser leurs pièges sur leurs emplacements pendant l'hiver.
Ils se contentent l'année
suivante de les nettoyer sommairement ; en opérant ainsi, leur chance de
capture, avec des pièges ainsi traités, se trouve de ce fait très
affaiblie.
Mais, certaines années, intervient une période pluvieuse de plusieurs
jours, voire deux semaines, vers la fin de la période de l'essaimage.
Dans ce cas, attendre que le beau temps revienne pour enlever les pièges
vides. On a vu, ces années-là, l'essaimage reprendre avec la venue du
beau temps, les essaims qui auraient dû partir pendant le mauvais temps,
espérant la venue de beaux jours. L'essaimage durera quelques jours
mais pourra être intense.
Pour cela, prendre ses précautions et enlever les pièges vides, une
quinzaine de jours après la fin normale de l'essaimage, ainsi on se
mettra en garde de l'essaimage tardif, tout en évitant les risques
énoncés ci-après.

65 - Ennemis des pièges après l'essaimage : les parasites si différents
l'un de l'autre, pouvant détériorer les pièges causent le même mal.

66 - Fausse-teigne : lorsque les pièges restent trop longtemps dans la nature, les papillons de la fausse teigne attirés par
la vieille cire, mise pour l'amorçage, pondent sur celle-ci. On sait
avec quelle rapidité la fausse-teigne se développe et détruit
complètement les rayons ; après quoi une multitude de cocons se forment
et s'incrustent dans les parois des pièges et les montants des cadres,
d'où il sera difficile de les y déloger.

67 - Mulots : si l'on a pris les précautions énoncées au n° 25, nous
n'avons pas à craindre l'invasion de ces rongeurs. Lorsqu'ils
s'installent dans les pièges, ils y apportent de la mousse, des feuilles
sèches, etc... qui retiennent l'humidité à l'intérieur du piège et lui
donne une mauvaise odeur qu'il sera difficile par la suite de faire
disparaître. Ils s'attaquent à la cire et quelquefois aux cadres.

68 - Cire moisie : il peut se trouver, certaines années humides, que la
cire noire des cadres ne soit pas attaquée par les parasites déjà vus,
mais par des moisissures qui la rendront inutilisable pour l'année
suivante. Les parois intérieures des pièges peuvent aussi se recouvrir
de moisissures.

69 - Nettoyage : si les pièges sont enlevés comme il a été dit, leur
nettoyage sera sommaire. Ouvrir les pièges, retirer les cadres de cire
noire qui sont en bon état ; les remettre dans les ruches habitées pour
la saison suivante, retirer les autres cadres.
Brosser l'intérieur des pièges, les refermer et les conserver dans un
local sain et aéré sans trop les empiler les uns sur les autres.

70 - Lorsque le piège est occupé par les mulots, après avoir retiré les
cadres, enlever tout les débris apportés par ceux-ci. Nettoyer le piège à
fond, racler l'intérieur s'il le faut. Si la cire des cadres est trop
endommagée ou moisie, elle passera à la fonte.
- S'ils sont trop attaqués, les détruire impitoyablement. Brosser
énergiquement avec une brosse de fer, pour enlever tous les cocons
incrustés dans le bois, les encoignures et feuillures. Laver le piège et
passer l'intérieur à la flamme, lorsqu'il sera bien sec.
- Les pièges contenant des cadres moisis seront traités comme ceux attaqués par les mulots.


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J.B.
Apiculteur (47)


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