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Les abeilles en dangers, de nombreux facteurs sont mis en cause

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Les abeilles en dangers, de nombreux facteurs sont mis en cause

Message par Admin le Jeu 26 Jan - 21:01

Les abeilles en dangers, de nombreux facteurs sont mis en
cause

Thu, Mar 10, 2011



Plus d'une douzaine de facteurs (allant de la diminution globale du
nombre de plantes à fleurs et de l'utilisation d'insecticides nocifs
pour la mémoire des abeilles à la propagation des ravageurs et de la
pollution atmosphérique dans le monde entier) pourraient se cacher
derrière le déclin des colonies d'abeilles observé dans de nombreuses
régions du globe.


Des
produits chimiques à la pollution atmosphérique, un nouveau rapport du
PNUE pointe de multiples facteurs pour expliquer la disparition
progressive de ces pollinisateurs


Genève/Nairobi, le 10 mars 2011 - Plus
d'une douzaine de facteurs (allant de la diminution globale du nombre
de plantes à fleurs et de l'utilisation d'insecticides nocifs pour la
mémoire des abeilles à la propagation des ravageurs et de la pollution
atmosphérique dans le monde entier) pourraient se cacher derrière le
déclin des colonies d'abeilles observé dans de nombreuses régions du
globe.
Les scientifiques tirent la sonnette d'alarme. Sans de
profonds changements dans la façon dont l'être humain gère la planète,
la disparition des pollinisateurs, indispensable pour assurer la
sécurité alimentaire d'une population mondiale grandissante, risque
malheureusement de continuer.
• De nouveaux types de champignons
pathogènes virulents, qui peuvent être mortel pour les abeilles et les
autres principaux insectes pollinisateurs, ont été détectés dans le
monde entier. Leur migration d'une région à l'autre a malencontreusement
été facilitée par l'augmentation des déplacements internationaux liés à
la mondialisation et à la croissance rapide du commerce international.

Quelques 20.000 espèces de plantes à fleurs, dont de nombreuses espèces
d'abeilles dépendent pour se nourrir, pourraient disparaître au cours
des décennies à venir si les efforts de conservation ne sont pas
renforcés très rapidement.
• L'utilisation excessives de produits
chimiques dans l'agriculture, par exemple les insecticides systémiques,
est préjudiciable et toxique pour les abeilles. Certains produits
peuvent même être dévastateurs pour les pollinisateurs lorsqu'ils se
combinent, ce phénomène est appelé l'«effet cocktail».
• Le
changement climatique, si l'on ne fait rien pour le contrer, pourrait
encore aggraver davantage la situation, et ce de différentes manières:
en modifiant les périodes de floraison des plantes, ou encore en
déplaçant les saisons des pluies etc. Cela pourrait également affecter
la qualité et la quantité de production du nectar par les plantes,
provoquant un cercle vicieux.
Ce sont là les conclusions d'un
nouveau rapport publié aujourd'hui par le Programme des Nations Unies
pour l'environnement (PNUE), qui rassemble et analyse les dernières
données scientifiques sur l'effondrement des colonies d'abeilles.
L'étude,
intitulée « Global Bee Colony Disorders and other Threats to Insect
Pollinators », souligne les multiples facteurs liés à l'évolution rapide
des sociétés humaines qui entraînent une modification des conditions
et des règles de base de la vie sur Terre. Le rapport insiste également
sur la grande dépendance des humains aux services écosystémiques. La
production alimentaire est l'un des nombreux secteurs clés qui pourrait
être le plus affecté.
Il rappelle que les abeilles sont des
indicateurs précoces de la santé de la vie animale et végétale. Des
mesures pour protéger et inciter la reproduction des pollinisateurs
pourraient non seulement permettre d'assurer la sécurité alimentaire,
mais elles pourraient également permettre d'améliorer le sort de
beaucoup d'autres espèces de plantes et d'animaux économiquement et
environnementalement importantes.
Les auteurs du rapport lancent
un appel aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers afin qu'ils
aident à restaurer les habitats et l'environnement des pollinisateurs
(les principales plantes à fleurs et les champs à côté des cultures de
production).
Il faut faire très attention aux choix et aux dates
d'application des insecticides et des autres produits chimiques. Alors
que les ruches bien gérées peuvent être déplacées les zones dangereuses,
les populations sauvages de pollinisateurs sont totalement vulnérables,
indique le rapport.
Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de
l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, a déclaré: « La manière dont
l'humanité gère ses actifs naturels, notamment ceux qui touchent aux
populations de pollinisateurs, définira en partie notre avenir collectif
au cours du 21e siècle. Le fait est que sur les 100 espèces végétales
qui fournissent 90 pour cent de la production alimentaire dans le
monde, plus de 70 sont pollinisées par les abeilles. Au 21e siècle, les
êtres humains ont fabriqué l'illusion qu'ils pouvaient être indépendants
de la nature grâce aux prouesses de la technologie. Le cas des abeilles
nous rappelle à la réalité: avec près de sept milliards de personnes
sur terre nous sommes au contraire beaucoup plus dépendant des services
que nous offre la nature».
Les abeilles et l'économie verte
L'année
prochaine tous les gouvernements se rassembleront à nouveau à Rio de
Janeiro, 20 ans après le Sommet de la Terre de Rio, en vue de faire
évoluer les efforts internationaux en matière de développement durable,
et pour accélérer la transition vers économie verte, à faible teneur en
carbone, et économe en ressources.
Cette transition devrait
aussi inclure des investissements dans les services naturels générés par
les forêts, offerts par les prairies fleuries, par les récifs
coralliens et
par la nature du monde entier.
« Rio+20 est
une occasion d'aller au-delà des définitions stéréotypées de la richesse
et d'y incorporer les éléments souvent imperceptibles (comme les
services naturels) mais valant des millions de dollars. La pollinisation
des insectes, dont celles des abeilles, fait partie de ces services
inestimables souvent oubliés dans les comptes nationaux et mondiaux », a
ajouté Mr. Steiner.
Certains pays, comme le Brésil et l'Inde,
ont déjà entrepris cette transition dans le cadre d'un partenariat avec
le PNUE et la Banque mondiale. Il est temps d'élargir et d'intégrer ce
type d'action dans l'économie mondiale afin de favoriser un gestion
durable plutôt qu'une surexploitation du monde naturel dont les services
des pollinisateurs font partie », a-t-il conclu.
Ce nouveau
rapport sur les troubles des colonies d'abeilles a été mené par le Dr.
Peter Neumann du Centre suisse de recherches apicoles, et par le Dr
Marie-Pierre Chauzat de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de
l'Environnement et du Travail (AFSSET). L'équipe comprenait également le
Dr Jeffrey Pettis du département de recherche du Département de
l'Agriculture des Etats-Unis.
Le Dr. Neumann a déclaré: «La
mutation de l'environnement dans les campagnes et les zones rurales qui a
eu lieu au cours du dernier demi-siècle, a déclenché un déclin des
populations d'abeilles sauvages (et d'autres insectes pollinisateurs).
Par
conséquent, la société investit de plus en plus dans des ruches
industrielles et gèrent les colonies artificiellement pour rattraper le
manque à gagner. Des camions d'abeilles circulent aux alentours des
fermes et des champs afin de maintenir notre approvisionnement
alimentaire ».
«Ce rapport souligne que plusieurs autres facteurs
rendent ces colonies artificielles de plus en plus vulnérables à la
baisse et l'effondrement. Nous devons gérer ces ruches de manière plus
intelligente, mais ce qui est plus important encore, c'est de gérer le
paysage au-delà des ruches. C'est le seul moyen de récupérer des
populations d'abeilles sauvages plus saines et à des niveaux plus
soutenables », a-t-il ajouté.
Points saillants du rapport
Pertes régional
En
Europe, la baisse des colonies d'abeilles artificielles remonte au
milieu des années 1960. Elle s'est accélérée depuis 1998, notamment en
Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, au Pays-Bas, en l'Espagne
et au Royaume-Uni.
En Amérique du Nord, depuis 2004, la
disparition des colonies d'abeilles domestiques a atteint des niveaux
préoccupants. Le niveau des populations de ces pollinisateurs n'a jamais
été aussi bas qu'au cours des 50 dernières années.
Les
apiculteurs chinois, qui gèrent les espèces occidentales et orientales
d'abeilles, ont récemment noté plusieurs signaux inexplicables et
complexe d'altérations des colonies, et ce pour les deux espèces.
Un quart des apiculteurs au japonais ont récemment été confrontés à la perte subite de leurs colonies d'abeilles.
En
Afrique, les apiculteurs qui exercent le long du Nil égyptien ont
également déclaré avoir remarqué des signes précoces d'effondrement des
colonies, même si à ce jour il n'y a pas d'autres réelles preuves
confirmées sur le reste du continent africain.
De multiples facteurs
La dégradation de leur habitat
et la perte des espèces de plantes à fleurs qui fournissent de la
nourriture pour les abeilles sont les principaux facteurs expliquant le
déclin des insectes pollinisateurs sauvages.
• Une étude
anglo-néerlandaise a souligné que depuis les années 1980, une baisse de
plus de 70 pour cent des principales espèces de fleurs sauvages a été
observée (la menthe, les petits pois et la familles d'herbacées vivace
font parties des plantes concernées).
La prolifération des parasites et des ravageurs, comme l'acarien Varroa connu pour se nourrir de fluides d'abeilles, est également un facteur.

Parmi les autres parasites on retrouve le petit coléoptère des ruches
(Aethina tumida), qui cause des dommages aux rayons de miel, et qui
empêche le pollen d'être stocké. Endémique en Afrique subsaharienne, il
s'est répandu en Amérique du Nord et en Australie et il est désormais
attendu en Europe.
• Les abeilles peuvent aussi souffrir de la
concurrence des «espèces exotiques», comme l'abeille africanisée aux
Etats-Unis, ou encore le frelon asiatique qui se nourrissent des
abeilles européennes. Le frelon a désormais colonisé près de la moitié
de la France depuis 2004.
La pollution atmosphérique peut interférer avec la capacité des abeilles à trouver des plantes à fleurs et donc des aliments pour se nourrir.

Les parfums des plantes qui auparavant pouvaient voyager dans un rayon
de plus de 800 mètres dans les années 1800, n'atteignent désormais que
200 mètres maximum.
Les champs électromagnétiques provenant
de sources comme les lignes électriques peuvent également changer le
comportement des abeilles. Les abeilles y sont sensibles car ils ont de
petits cristaux abdominaux qui contiennent du plomb.
• Les
herbicides et les pesticides peuvent être à la base de la réduction des
fleurs et des plantes sauvages nécessaires à l'alimentation et au
développement des larves de certains pollinisateurs.
• Parmi les
autres impacts on compte également l'empoisonnement des pollinisateurs
et l'affaiblissement de système immunitaire des abeilles.
• Des
études en laboratoire ont montré que certains insecticides et fongicides
peuvent interagir ensemble et être 1000 fois plus toxique pour les
abeilles.
• Certains insecticides, dont ceux qui sont appliqués
sur les semences peuvent migrer dans la plante toute entière au fur et à
mesure qu'elle grandit. D'autres, utilisés pour traiter les chats, les
poissons, les oiseaux et les lapins, peuvent également faire des
ravages.
• Des études ont montré que ces produits chimiques
peuvent affecter le sens de l'orientation, la mémoire et le métabolisme
du cerveau chez les abeilles.
La gestion artificielle des ruches pourrait également aggraver le problème.

Certains des traitements des ruches contre les ravageurs peuvent
effectivement être nocifs pour les abeilles. En plus de cela, l'habitude
de réutiliser des équipements et de denrées alimentaires provenant de
colonies morts pourrait pousser à la propagation des maladies et des
produits chimiques dans de nouvelles ruches.
• Le transport des
abeilles d'une ferme à une autre afin de fournir des services de
pollinisation, de moins en mois assurés par la nature elle-même,
pourrait être un facteur supplémentaire. Aux États-Unis, des camions
transportant jusqu'à 20 millions d'abeilles circulent régulièrement et
chaque année plus de deux millions de colonies voyagent à travers le
continent.
• Les taux de mortalité d'une colonie, après les transports, peut atteindre plus de 10 pour cent des abeilles de la colonie.
Notes aux rédacteurs
Pour télécharger le rapport complet « Global Bee Colony Disorders and other Threats to Insect Pollinators » en anglais, cliquez ici
Ce
rapport fait partie d'une série de rapports du PNUE concernant les
nouvelles problématiques environnementales émergentes. Pour avoir accès à
cette série de rapport, cliquez ici
Le
PNUE est l'hôte d'un partenariat important intitulé « L'économie des
écosystèmes et la biodiversité (TEEB) » qui a pour but d'estimer les
rendements que l'économie naturelle génère pour les communautés et les
pays, en vue d'améliorer la gestion de ses actifs.
Pour plus d'informations sur ce partenariat , visitez: http://www.teebweb.org/
L'économie
verte dans le contexte du développement durable et d'éradication de la
pauvreté est l'un des deux thèmes majeurs de la Conférence des Nations
Unies pour le développement durable de 2012 (CDD 2012), ou Rio +20.
Pour plus d'informations sur la CDD 2012, veuillez visiter: www.uncsd2012.org
Pour l'Initiative Economie verte du PNUE, visitez: www.unep.org/greeneconomy
Pour plus d'informations, veuillez contacter:
Nick Nuttall, Porte-parole et Responsable des relations media, par E-mail: nick.nuttall@unep.org
Isabelle
Valentiny, Agent d'information au Bureau régional du PNUE pour
l'Europe, par Tél. , ou par E-mail: isabelle.valentiny@unep.org

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