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Le nourrissement

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Le nourrissement

Message par Admin le Dim 14 Aoû - 14:44


Le nourrissement


par
Gilles Fert
(Auteur de «
L’élevage des reines » aux Editions Rustica)


avec l'aimable
autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs





Malheureusement, nos abeilles ne trouvent pas
toujours le nectar suffisant pour constituer les réserves hivernales ou
développer leur couvain au printemps. Nous sommes parfois amenés à compenser ce
manque par un nourrissement liquide ou solide. Les apiculteurs français achètent
autant de sucre qu’ils produisent de miel, soit environ 18 000 tonnes.
L’évolution du paysage agricole y est pour beaucoup. La disparition de
nombreuses prairies naturelles, l’utilisation abusive des désherbants font que
les fleurs sont de plus en plus rares.



Etape n°1





Premier point : bien choisir l’emplacement où vous placerez le rucher.
L’abondance de fleurs variées est indispensable à la bonne santé de nos
abeilles.
Second point : ne soyez pas trop gourmand à la récolte.
Laissez suffisamment de provisions pour qu’elles passent bien l’hiver. Rien
ne vaut le miel et le pollen naturel pour le bon développement de la
colonie.


Le choix entre nourrissement liquide ou solide se fera en fonction de
la période : le nourrissement solide compense le manque de réserves
hivernales, alors que le nourrissement liquide stimule le développement de
la population au printemps.




Etape n°2





Le nourrisseur de dessus permet de distribuer des quantités importantes
de sirop ou de candi. Ce nourrissement situé au-dessus de la grappe
d’abeilles se maintient à la température de la colonie. Les abeilles
le consomment même par des nuits automnales froides.
Dans ce cas,
le sirop doit être le plus concentré possible, donc préparé avec de l’eau
chaude. Les abeilles ont beaucoup de difficultés à éliminer l’excès
d’humidité en fin de saison.


Ce nourrisseur de dessus reste bien souvent en permanence sur la ruche
et joue le rôle de couvre-cadres avec un effet d’isolation. Attention, on ne
nourrit jamais des ruches qui ont des hausses.




Etape n°3





Placé au-dessus du trou de couvre-cadres, le petit nourrisseur anglais en
plastique nécessite une hausse vide pour créer l’espace correspondant à la
hauteur du nourrisseur.

Son couvercle transparent permet de contrôler
la prise de sirop.

Il convient aux petites quantités de nourrissement
répétées. La concentration en sucre est faible, 40 % à 50 % maximum. Pour 5
litres de solution, ajoutez une cuillère à soupe de vinaigre de cidre.


Ce sirop acidifié sera plus digeste pour les abeilles et limitera les cas de
nosémose.




Etape n°4





Le nourrisseur cadre permet un nourrissement liquide près du couvain.
C’est le cadre nourrisseur idéal pour les ruches éleveuses de cellules
royales.

En effet, un apport d’humidité près du couvain favorise
l’élevage des reines.

A l’approche de l’hiver, parfois, les essaims
tardifs n’ont pas rempli complètement tous les cadres.


Vous pouvez utiliser ce nourrisseur cadre comme partition pour diminuer le
volume de la ruche.

De plus, ce type de nourrisseur limite le pillage
si vous faites un apport de sirop de miel.




Etape n°5





Le nourrisseur d’entrée permet de visualiser la prise de sirop et évite
d’ouvrir la ruche.
Par contre, en cas de forte chaleur et de prise
lente, le sirop peut fermenter.


Par conséquent, ne donnez que des petites quantités répétées, ce qui par
ailleurs aura pour effet de stimuler la ponte de la reine en simulant une
rentrée de nectar.


Ces petites doses de nourrissement répétées favorisent également les
rentrées de pollen donc le développement du couvain.


Attention au pillage, réduisez l’entrée et nourrissez en fin de journée.



Etape n°6





Si vos colonies manquent de provisions en fin d’automne ou en hiver, le
nourrissement solide est conseillé.

Les abeilles n’ont pas à éliminer
l’excès d’eau qui se trouve dans le sirop liquide. On trouve même en vente du
candi enrichi en protéines qui donne de bons résultats. La fabrication du candi
reste une opération de cuisson délicate.

Vous trouverez la
recette dans le Traité Rustica de l’apiculture, page 276.


Dans l’urgence, vous pouvez donner du sucre cristallisé. Seules les
colonies bien peuplées le consommeront dans les régions où le taux d’humidité de
l’air ambiant est élevé.


Précaution à prendre :
Dans le cas d’une apiculture sédentaire, le choix de l’emplacement est très
important. Si vous en avez la possibilité, évitez les zones de grandes
cultures et favorisez les zones de bocage. Si une butineuse de nectar va
jusqu’à 3 km de sa ruche, une butineuse de pollen ne va qu’à 800 m.


Pour en savoir plus :
M. Bocquet – Le nourrissement, édition OPIDA, 1994.
Traité Rustica de l’apiculture, p. 275-276



Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica



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