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La visite de printemps, oui. La pose des hausses ? Peut-être

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La visite de printemps, oui. La pose des hausses ? Peut-être

Message par Admin le Dim 14 Aoû - 14:18

La visite de
printemps, oui.
La pose des hausses ? Peut-être !


par
Maurice Mary

avec l'aimable
autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs




Dès fin mars, début avril, par beau temps, 15 °C minimum, on peut ouvrir et visiter correctement les ruches.

Etape
1

Visite

Pour une visite complète, commencer par enlever un cadre de
bordure, et le poser à l’extérieur, appuyé sur le bord de la ruche.
Cette place étant dégagée, ceci permettra de sortir un à un et
successivement les autres cadres, et les replacer dans le même ordre,
dans le corps de ruche.


Enlever d’abord un cadre, en bordure de la grappe d’abeilles, pour manipuler les autres sans dommage.

Donc, en les décalant d’un cadre. Nous avons ainsi
le vide nécessaire, pour écarter et sortir le cadre suivant, sans
risque de tuer par frottement des abeilles, et, plus grave encore, la
reine.

Etape
2

Que doit-on regarder lors
de cette visite ?



Colonie réduite. On peut la rassembler avec une autre.

1. D’une part, la force de la colonie, son volume
après
l’hivernage, si toutefois une colonie est trop petite, sur deux ou
trois cadres, bien qu’ayant encore sa reine, songez alors à la
rassembler avec une colonie moyenne (voir l’article « Rassembler 2
colonies d’abeilles », Abeilles et Fleurs octobre 2001).


Vérifier, avant le rassemblement, que
le couvain est sain.


2. D’autre part, les provisions restantes. Si celles-ci vous
semblent épuisées, ou trop légères, faire sans attendre un nourrissement
au sirop. En effet, en début de printemps, une période de temps
maussade peut survenir. Les colonies en pleine
extension de couvain consomment beaucoup ; et on peut perdre
parfois les plus belles, faute de provisions.


Il reste des provisions dans les cadres
de bordure. Inutile de nourrir.

3. Bien observer la qualité du couvain. Un couvain compact et serré est le signe de la bonne qualité de la reine. Un couvain
disséminé peut être le fait d’une reine usée.


Le couvain est sain, mais
disséminé. La reine est à remplacer

Marquer la ruche et prévoir le remplacement de la reine.
Et puis regarder avec attention s’il y a bien absence de maladie du couvain.
Un couvain disséminé, avec alvéoles operculés, non
bombés comme normalement, mais plutôt en creux, et des larves jaunes ou
brunes, voire en putréfaction, est l’indice certain de maladie, soit la
loque dite américaine, ou celle moins caractéristique et plus sournoise
dite loque
européenne.

Dans ces deux cas, prévoir la destruction des colonies et le brûlage des cadres.




Etape 3

Remplacement de
cadres du corps de ruche

Cette visite de printemps, lorsque les colonies sont normales, sera aussi l’occasion de remplacer un, deux ou trois cadres
du corps, les plus vieux, exempts de couvain bien sûr, et mettre à leur place des
cadres neufs en cire


Cadre de bordure, en vieille cire noire légèrement moisie. A remplacer par un cadre de cire gaufrée.

gaufrée. Ainsi, le renouvellement des cadres sera assuré
en quelques années. Attention à ne pas remettre ces cadres neufs à
construire en plein centre de la ruche, donc en scindant le couvain.

Evitez surtout que ces ruches soient pillées
par les autres du rucher, ce qui disperse bien sûr maladie. Quant au
corps de ruche, il faudra désinfecter ensuite sérieusement, la flamme
d’une forte lampe à souder, avant son réemploi.
N’oubliez pas, non plus, de désinfecter vos outils, lève-cadre en
particulier, après manipulation d’une colonie malade. Avoir toujours
sous la main un bidon d’eau, additionnée d’eau de javel pour
cela
A la rigueur, par
temps de miellée, et dans une bonne colonie, on peut en placer un au
centre, mais pas plus. Il ne faut pas refroidir le couvain à cette
époque.
Pose des hausses

Avec un peu de chance, et un bon hivernage, on peut, début
avril, en fonction des climats, avoir déjà de belles colonies
développées sur cinq ou sept cadres de couvain. Si nous sommes dans ce
cas, et aussi dans une zone où la miellée démarre, le colza par exemple,
alors il ne faut pas hésiter, on pose la première hausse.

Une autre solution moins coûteuse consiste à mettre à plat sur les
cadres du corps, au-dessus du centre de la colonie, un carré de
plastique de 20 x 20 cm. Ça n’est pas l’arme absolue, ça gêne quand même
la ponte de la reine dans la hausse, et
pas trop les abeilles pour y monter le miel.

Nous savons tous, quant au colza, que sa floraison a lieu pendant
au moins cinq semaines, et qu’il faut extraire, aussitôt la floraison
terminée, sinon on risque que le miel fige dans les hausses. Ceci pour
dire que même si la reine a pondu un peu dans la hausse en début de
floraison, ce couvain est le plus souvent éclos lors de la récolte. Là,
j’ai parlé pour les zones à colza.

Ailleurs, en montagne entre autres, où la végétation est tardive,
la vraie miellée peut commencer seulement à la floraison de l’aubépine
et des prairies. Là, il faut donc attendre. Bien que parfois les
premières floraisons, pissenlit surtout et aussi les arbres fruitiers,
cerisiers, poiriers, puissent également donner un peu de récolte. Et
pourquoi pas la hausse aux plus belles ruches ?

Il n’y a pas de règle précise et générale, chacun s’adapte à ses floraisons locales et au climat du moment.

Je crois utile d’insister, quant à la pose, sur une précaution
impérative et déterminante pour la suite : ne jamais poser la hausse sur
une colonie insuffisamment développée.

En effet, au
printemps, les périodes favorables alternent souvent avec des moments
plus froids. Et les colonies faibles et moyennes ont besoin pour se
développer d’une ambiance interne chaude. Et elles
peuvent s’épuiser pour assurer cette nécessaire température du nid
à couvain. Je vous souhaite de découvrir vos colonies
« pétantes » de dynamisme.





Etape 4

L’idéal, à mon avis, pour poser les hausses, c’est que la
miellée soit déjà là ; nectar et pollen abondants dans le corps de ruche
; le haut des cadres déjà blanchis de cire neuve, les gouttes de nectar
nouveau qui sautent lorsqu’on secoue le
couvre -cadres. Là, il ne faut pas hésiter à poser la
hausse.

Couvain idéal. Colonie et reine
dynamiques. Là, on peut mettre la hausse.

Si la miellée est là, et le beau temps suivi, inutile de
mettre une grille à reine entre corps et hausse. Les abeilles vont
occuper et commencer à remplir la hausse de suite. Et le risque d’avoir
la hausse occupée de couvain est faible.
Evidemment, par petite miellée, et si on veut éviter à tout
prix le couvain dans les hausses, alors pourquoi pas la grille à reine.
Ce n’est malheureusement plus toujours vrai, pour beaucoup, depuis quelques années, et vous savez pourquoi…


Bonne saison, bonne miellée.

Maurice Mary


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