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Estivage, pillage et orphelinage

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Estivage, pillage et orphelinage

Message par Admin le Dim 14 Aoû - 13:17


Estivage, pillage et
orphelinage
Par B. Cartel

avec
l'aimable autorisation de la revue







Après
les premières récoltes de fin juin, l’apiculteur peut pratiquer une transhumance
pour profiter d’une miellée monoflorale ou estiver pour les gens de la montagne.
Au rucher et au fil des mois, nous remarquons quelques changements de
comportement de nos abeilles : une irritabilité accrue, un contact plus
difficile homme/abeilles et le rejet hors de la ruche de la gent masculine…
Alors que l’on avait presque oublié varroa, l’apparition sur la planche de vol
de quelques abeilles atrophiées nous rappelle que le vampire est toujours là et
que déjà il faut penser à le combattre vigoureusement. Bref, les occupations ne
nous laissent pas au repos. Entre activité et farniente, l’apiculteur a choisi :
il lui faut assumer le suivi de ses colonies.


Le moment
d’estiver


Dans les régions de montagne, les apiculteurs ont la possibilité de transhumer
en altitude : c’est l’estivage. Dès la mi-juin, les fleurs commencent à manquer
en plaine, alors que les prairies d’alpage en sont couvertes. Et quelle flore !
Selon les niveaux d’altitude, selon les versants et les types de sol, on y
trouve une multitude d’espèces dont de très nombreuses sont mellifères :
sainfoin et géranium des montagnes, rhododendron, myrtille, gentiane jaune,
framboisier, centaurée, astrance…

La tentation de récolter du miel de montagne, voire de haute montagne est
grande, d’autant que les alpages sont souvent à proximité. Avant de s’engager
dans cette démarche, l’apiculteur débutant doit être conscient des avantages
mais aussi des inconvénients de l’estivage.



D’abord, il lui est nécessaire de trouver un emplacement qui
soit accessible quelles que soient les conditions météo et qui reste isolé des
chemins fréquentés. Souvent privés, les alpages sont largement pâturés dans
d’immenses parcs, dans lesquels les ruchers ne sont pas les bienvenus.

Il faut également penser aux conditions climatiques, difficiles et changeantes :
dès que l’on gagne 100 mètres d’altitude, on perd environ 0,7° centigrade.
Ainsi, le fait de passer d’une vallée située à 600 m d’altitude à un alpage
installé à 1 500 m, cause une perte de 5 à 6°. Si l’été est chaud, il y aura
récolte. S’il est pluvieux, pourri, non seulement il n’y aura pas de récolte,
mais les ruches risquent d’être plus légères à la descente qu’à la montée ! Il
n’est pas exceptionnel qu’une chute de neige vienne couvrir, même
ponctuellement, les immensités fleuries. Adieu alors les montées de nectar pour
quelques jours et si les colonies n’ont pas de réserves suffisantes, certaines
d’entre elles peuvent mourir de faim, ce qui paraît incroyable pour qui n’a
jamais pratiqué l’estive.

C’est alors que l’apiculteur déçu pense : « c’est fini, je ne remonterai plus !
». Au printemps suivant, la chaleur et les beaux jours revenant dans la plaine,
il oublie tout et renouvelle l’aventure. Compte tenu des difficultés techniques
(transport, manutention en terrain accidenté) et de l’incertitude liée au
climat, le choix n’est pas évident, mais quelle récompense quand l’été est
favorable ! la qualité du miel récolté est exceptionnelle et celui qui en a
goûté n’en veut plus d’autre…


Changement
d’humeur


Une autre conséquence de la rareté des ressources nectarifères se remarque par
le changement de comportement des abeilles. Alors qu’elles étaient passives ou
agréables et que les visites au rucher ne nécessitaient qu’une protection
légère, elles deviennent progressivement agressives. Est-ce l’instinct de
protection du territoire qui reprend ses droits lorsque les ressources tarissent
? À nous de nous adapter en prenant de plus en plus de précautions, lors de nos
visites et interventions. Si par exemple la recherche d’une reine ne posait pas
de problème particulier en mai/juin, cette même opération peut se révéler
problématique ou même impossible certains jours où les fleurs ne génèrent aucun
nectar. À peine la ruche est-elle ouverte qu’une effervescence se déclenche et
les attaques ne tardent pas. Si l’on insiste, elles s’amplifient.

C’est une phérormone du venin, l’acétate d’isoamyl, à odeur de banane qui dirige
les abeilles sur le point faible de notre protection vestimentaire. Dans ce cas,
renoncer, fermer la ruche, c’est faire preuve de sagesse.


Le massacre
des faux-bourdons


Dans les ruches encore populeuses, les quelques centaines de faux-bourdons
deviennent inutiles aux yeux des abeilles. Il n’y a quasiment plus de reines à
féconder et leur présence représente des bouches inutiles à nourrir, d’autant
que le nectar se faire rare. Quel est ce mot de passe ou cette consigne qui
circule dans toutes les ruches ou l’élimination physique des faux-bourdons
commence ? Les jeunes mâles ne sont plus nourris. Les plus anciens toujours
prompts à se remplir le jabot sont interdits d’accès aux réserves. Alors qu’ils
avaient la liberté de circuler dans la ruche et dans les ruches voisines, ils
deviennent partout indésirables. On n’en veut plus. Les abeilles, peut-être les
butineuses sans emploi les pourchassent, les tirent, les mordent, les jettent
par-dessus la planche de vol. Certains tentent de revenir mais en vain. Ils
finissent leur vie lamentablement affamés, épuisés.



La ruche connaît-elle une loi économique qui énonce que ne
doivent vivre seulement les ressortissants utiles à sa société ? Nos anciens le
pensaient et avaient mis au point une pratique apicole qui consistait à
supprimer les mâles à l’aide de pièges placés au trou de vol. Cette pratique est
maintenant abandonnée car il semble bien que d’une part les abeilles les
remplacent en en enlevant tout autant et que d’autre part, les rendements en
miel ne diffèrent que peu, qu’il y ait des mâles ou non dans la ruche.


Le pillage


Pendant les miellées, il n’y a généralement pas de pillage, puisque le nectar
coule pour tout le monde. Par conséquent, les ruches n’ont pas besoin de
gardiennes, d’ailleurs on en observe très peu. Tout cela change avec la rareté
ou avec la diminution d’intensité des miellées. Devenues oisives, certaines
colonies n’hésitent pas à voler les provisions des nuclei ou des ruches mal
protégées, faibles, malades.

On parle alors de pillage. Il peut être latent ou violent. Dans le premier cas,
l’apiculteur ne s’en rend pas toujours compte puisque les signes de pillage sont
à peine perceptibles : une activité un peu soutenue d’une ruche faible ne se
remarque pas forcément d’autant que les abeilles pillardes, entrent et sortent
de la ruche pillée sans qu’il y ait de réaction de cette dernière. Elle accepte
pratiquement ces étrangères qui dérobent peu à peu le miel engrangé.
Ce type de pillage latent peut durer jusqu’à l’épuisement des réserves de la
colonie pillée, laquelle n’a plus grand-chose à espérer quant à sa survie.

Un apiculteur observateur m’a signalé avoir vu un pillage latent par un fond de
ruche grillagé. Les pillardes quémandaient du miel que les habitantes leur
offraient…

Le remède avait consisté à superposer 2 grilles distantes de 10 mm environ qui
interdit tout contact entre les abeilles. Dans l’autre cas, celui du pillage
violent, la violation des ruches pillées est telle qu’il est facile de s’en
apercevoir : face à la frénésie des pillardes, la réaction des gardiennes est
active. Il y a bataille et l’on observe des corps à corps extrêmement violents.
Il est urgent de mettre fin à ces dérèglements en prenant immédiatement les
mesures suivantes :

- réduire les entrées des ruches pillées et pillardes mais aussi, et par
sécurité, de toutes celles du rucher ;

- placer un obstacle sur la planche de vol des ruches pillées : une poignée
d’herbes maintenues par une pierre ou une ardoise en travers gêneront l’arrivée
des pillardes ;

- au besoin, fermer complètement pendant 1 ou 2 heures les ruches pillées afin
de décourager les voleuses. Celles qui restent prisonnières ne sont libérées
qu’au bout de ce laps de temps et ces ruches sont de nouveau obstruées. Avec le
temps, les pillardes se découragent et finissent par « laisser tomber ». Il est
prudent de surveiller qu’elles ne s’en prennent pas à une autre ruche, auquel
cas tout serait à recommencer.

- En cas d’insuccès, on peut déplacer une ruche pillée à plus de 3 Km de son
emplacement d’origine pendant une quinzaine de jours.

Peut-on se prémunir du pillage ? Oui, en prenant quelques mesures élémentaires
telles que :

- ne pas garder des colonies faibles ou orphelines : dans le temps, elles
s’affaiblissent et deviennent vulnérables ;

- adapter l’ouverture de chaque ruche en fonction de sa force ;

- éviter de nourrir certaines ruches nécessiteuses dans la journée, attendre le
soir lorsque toutes les butineuses sont rentrées. Dans ce cas, privilégier le
sirop du commerce qui provoque moins de pillage ;

- limiter les interventions dans les ruches et si possible ne pas s’attarder ;

- ne pas laisser traîner du matériel enduit de miel ou ayant été en contact avec
du miel. Le léchage des cadres à l’extérieur est particulièrement déconseillé à
cette époque.

Pour clore ce chapitre, nous rappelons avec insistance qu’il est plus facile
d’éviter le pillage que d’y remédier. De plus, un pillage généralisé peut être à
l’origine d’attaques dirigées à l’encontre d’animaux ou de personnes circulant
dans l’environnement du rucher. Les conséquences imprévisibles peuvent être
parfois dramatiques.


Colonies
orphelines


Ce sujet a déjà été abondamment traité le mois précédent. Mais l’expérience
prouve qu’en apiculture, la redite d’un sujet complexe comme celui de
l’orphelinage est profitable, d’autant qu’il est exposé différemment.

Dans ce sujet qui nous préoccupe, la colonie d’abord orpheline peut dans le
temps devenir bourdonneuse, ce qui complique la marche à suivre.

C’est au cours de la visite d’une colonie dont l’activité décroît que l’on
constate qu’elle n’a plus de couvain. Parfois, on n’observe que du couvain de
mâles et en cherchant mieux, on distingue aussi quelques œufs disséminés et
parfois encore 2 ou 3 œufs par cellule.

Que se passe-t-il ? La colonie est généralement orpheline ; ce sont certaines
ouvrières qui dans ce cas précis se sont mises à pondre. N’étant pas fécondés,
ces œufs ne donneront naissance qu’à des mâles.



Autre hypothèse cause de l’orphelinage, cette colonie possède
bien sa reine mais elle est âgée et sa spermathèque est vide. Elle ne pond que
quelques œufs non fécondés, ne donnant vie également qu’à des mâles. Que faire ?
Une première question se pose : la colonie vaut elle la peine d’être récupérée,
sachant qu’elle devra affronter les difficultés d’un prochain hivernage ? C’est
souvent le cas. Aussi, il ne reste qu’à récupérer la population existante et la
proposer à une colonie voisine. Nous procédons de la façon suivante :

1) Enfumer copieusement cette colonie orpheline B (la souche), ce qui incite les
abeilles à se gorger de miel ;

2) Déplacer la ruche et la remplacer par une ruche A vide à fond amovible ou 2
corps de hausses vides placés sur un plateau ;

3) Emmener la ruche orpheline B à une centaine de mètres du rucher et brosser
les abeilles dans l’herbe ;

4) Trier les cadres : ceux contenant du couvain seront fondus après la manœuvre,
car la majorité des varroas est concentrée dans ce couvain de mâles. Les cadres
sans couvain sont ramenés au rucher et introduits dans la ruche A vide de
remplacement où les abeilles brossées sont arrivées avant nous, abandonnant sur
place les pondeuses qui ne peuvent pas voler ou l’éventuelle vieille reine.

Cette population sera réunie le soir même à une colonie voisine, par la méthode
du « papier journal » telle que nous la décrivons :

- Découvrir la ruche receveuse (A) et la recouvrir d’une feuille de papier
journal. Perforer le papier de quelques trous à l’aide d’un clou, pour favoriser
les futures rencontres ;

- Déplacer le corps de la ruche bourdonneuse (B) préalablement désolidarisée de
son fond et le déposer sur la ruche receveuse (A).

- Obstruer toutes les ouvertures de la ruche (B). Dans les heures qui suivent,
les abeilles perforent la feuille de journal et la réunion se réalise en
douceur, sans bataille. Au bout de 24 à 36 heures, il ne reste plus qu’à brosser
les abeilles restantes de la ruche (B) dans la ruche (A).

Mais il se peut que la colonie orpheline depuis peu soit récupérable. Le
processus de récupération est un peu différent. Nous ne nous servirons pas de la
ruche (B). Après brossage des abeilles dans l’herbe, on remet la ruche souche
(A) à son emplacement d’origine avec ses cadres, exclusion faite des cadres
contenant le couvain de mâles. Ils seront triés comme indiqué plus haut (alinéa
4). Les abeilles libérées des pondeuses réinvestissent la ruche et le remérage
devient alors possible.

Au moins trois solutions sont possibles : la première consiste à offrir à la
colonie un cadre contenant une bonne surface de couvain d’ouvrières prêtes à
naître ainsi que des œufs ou des larves de moins de 2 jours.

Un élevage royal sera très certainement entrepris par les soins des ouvrières
naissantes et si c’est le cas, la ponte interviendra 25 à 30 jours après
l’opération.

La deuxième solution consiste à offrir à la colonie une cellule royale prête à
éclore. Le prélèvement d’une cellule royale operculée, la préparation (découpage
des cires excédentaires, l’enveloppement avec du papier aluminium du corps de la
cellule, à l’exclusion de la zone d’extrémité sur 5 à 6 mm), le transport et la
mise en place de la cellule royale restent des opérations assez délicates mais
qui méritent d’être essayées.

Enfin, la troisième solution consiste à introduire une reine en ponte plutôt
âgée : contrairement à toute logique, elle sera mieux acceptée qu’une jeune qui,
vive, risque d’être « emballée », c’est-à-dire étouffée par un groupe
d’abeilles. Pourquoi ce comportement belliqueux et suicidaire ? Mystère…

Il faudra attendre au moins une semaine pour vérifier la réussite ou l’échec du
remérage. En cas d’échec, il reste la première solution ou la réunion. En cas de
réussite et après 3 ou 4 semaines, le remplacement de la reine âgée sera
envisagé puisque la colonie aura retrouvé une vie paisible.


Traiter
Varroa destructor


Dès la mi-août, après la récolte et selon les consignes données par le
Groupement de Défense Sanitaire Apicole départemental, il faut traiter les
colonies contre la varroase. On ne répétera jamais assez cette consigne. La
pression du parasite est devenue importante, selon la règle qui dit que le
nombre d’acariens double chaque mois.

Par ailleurs, la reine ralentissant sa ponte dès fin juillet, la surface de
couvain diminue et par voie de conséquence le pourcentage de larves parasitées
augmente et à terme celui des abeilles. Alors que la colonie devrait commencer à
générer des abeilles d’hiver résistantes, à longue vie, ayant pour mission
d’assurer l’élevage printanier, cette pression qui s’accentue va provoquer le
contraire : la naissance d’abeilles affaiblies par les ponctions répétées
d’hémolymphe, contaminées par les différents virus que varroa lui inocule, ou
carrément atrophiées. Il est urgent de traiter mais avec quel médicament ? Il
n’est pas de notre compétence de lister tous les produits qui circulent dans
notre pays pour lutter contre la varroase. Nous nous limiterons à ceux qui ont
reçu une Autorisation de Mise sur le Marché (A.M.M.) : ils ont été étudiés pour
respecter les abeilles, l’opérateur qui les manipule, les produits de la ruche
et en bout de chaîne, le consommateur. Ce sont des médicaments à libération
lente dont l’action se prolonge dans le temps. Actuellement, on considère que
l’efficacité d’un traitement bien conduit de fin d’été ne devrait pas être
inférieure à 90 %. Les acariens restants (10 %) ne mettent pas en péril la
colonie qui peut attendre le traitement de l’année suivante. En dessous de ce
taux, un contrôle hivernal en période hors couvain faisant office de traitement
ponctuel nous paraît indispensable. Nous en reparlerons dans le numéro de «
L’Abeille de France » de décembre 2003.

Pour qu’une efficacité soit maximale, il faut qu’il y ait un contact physique
pendant la durée préconisée, entre le médicament et les abeilles. Celles-ci se
chargent de matière active et par le biais des échanges dans la colonie, elle
arrive aux parasites. Ils sont soit sur les abeilles, soit dans le couvain
operculé, en phase de reproduction.

Dans le premier cas, la matière active atteindra assez rapidement les varroas
postés sur les abeilles. Pour ceux cachés sous l’opercule, il faudra
nécessairement attendre l’émergence de l’abeille entraînant celle des varroas
femelles, fondatrices ou nouvellement nées. Pas de souci pour les mâles, ils
meurent dans la cellule, après avoir joué leur rôle de reproducteur.


Médicaments
disponibles ayant reçu une A.M.M.


Les quelques données ci-dessus sont générales. Il est conseillé aux utilisateurs
de s’informer des consignes locales plus précises auprès du fournisseur ou du
G.D.S.A. départemental. Comme on le constate, le choix est restreint quand on
exclut Apistan dont la molécule active, le fluvalinate n’a plus d’effet létal
suffisant sur varroa. Retrouverons-nous un jour son efficacité qui au début de
son emploi n’a jamais été égalée ? Dans ces conditions, il ne reste que les deux
autres médicaments. En préconisant l’emploi de l’un des deux, nous prenons le
risque de cumuler les avantages mais aussi les inconvénients, tels que
l’accumulation de résidus dans les cires.

Pourquoi ne pas tenter l’alternance, les qualités de l’un compensant les défauts
de l’autre et vice-versa ? On pourrait par là même limiter leurs taux de résidus
notamment dans les cires.


Désinfection,
nettoyage des bois des cadres


Certains d’entre nous utilisent un cérificateur pour fondre la cire des cadres
réformés. En plein soleil, la température dans un cérificateur bien isolé peut
atteindre 100°. Après que la cire soit
fondue, il reste à gratter les brèches adhérentes qui sont constituées pour une
bonne part d’une superposition de cocons. Les puristes souhaitent ensuite
désinfecter les boiseries.

Plusieurs possibilités peuvent être mises en œuvre, comme le passage à la
flamme, le trempage dans de l’eau javellisée ou le procédé de la chaleur humide.
René-Charles, un de nos collègues nous propose sa façon de faire. Pour cela, il
faut disposer d’un fût métallique d’environ 200 litres. On le pose sur deux
parpaings distants d’environ 40 cm. Au fond du fût, on a déposé sur le champ,
trois briques sur lesquelles reposeront les cadres installés à plat et en
quinconce, jusqu’en haut du fût. On verse alors 20 litres d’eau, de façon à
noyer les briques. Le fût est enfin couvert d’une plaque quelconque lestée,
assurant une bonne étanchéité à la vapeur. La source de chaleur mise en place
sous le fût peut être diverse : chalumeau, brasier… Elle permet de mettre l’eau
en ébullition et de la maintenir pendant deux heures. La vapeur d’eau produite
fond les reliquats de cire et stérilise les boiseries.

Après un temps suffisant de refroidissement, les cadres sont retirés et
installés toujours à plat et en quinconce, pour éviter toute déformation et pour
favoriser un séchage lent.

Cette méthode est efficace, ne coûte rien si l’on utilise du bois comme énergie
et le résultat est satisfaisant. Merci René-Charles de nous avoir communiqué
votre savoir-faire.

Dès fin août, nous allons tourner une page et amorcer déjà la prochaine saison.
La reprise de ponte de fin d’été va générer les fameuses abeilles d’hiver
chargées de transmettre le flambeau de la vie de nos ruches. Compte tenu de leur
fonction majeure, elles doivent être fortes et saines et ne pas avoir subi les
ponctions délétères de varroa. C’est pour cela que le calendrier des traitements
d’été doit être respecté par tous. La négligence d’un seul d’entre nous entraîne
une recontamination chez les autres. C’est injuste. Mais il se peut qu’une
difficulté temporaire empêche un apiculteur sérieux de pratiquer à temps ses
traitements. Il peut demander l’aide d’un collègue qui ne manquera pas de le
dépanner. L’entraide reste et doit rester une valeur sûre et reconnue.

Bonne récolte à tous.


B. Cartel


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