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Algérie : Les abeilles déserteraient les ruches par mal-être

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Algérie : Les abeilles déserteraient les ruches par mal-être

Message par Admin le Dim 14 Aoû - 12:40

-

Comparée aux autres pays arabes, l’Algérie est
semble-t-il, mieux organisée, selon le Dr Lakehal, président de la
Fédération des apiculteurs algériens. Avec 23 associations de wilaya, 17
coopératives apicoles nationales, 250 pépinières de production
d’essaims et de reines, 1 400 000 ruches depuis 2005 (grâce au programme
national de développement de l’agriculture) et 70 000 apiculteurs dont
60% de pluriactifs - L’Algérie compte seulement 10% de professionnels
ayant des exploitations apicoles – l’Algérie reste un petit pays
producteur de miel. Au-delà de la nécessité de mieux organiser le
secteur, les apiculteurs ont pour deal de faire toute la lumière sur le
phénomène de désertion qui leur porte préjudice.



Que dire de l’impact négatif des pesticides sur les abeilles ?
Dans notre profession, nous nous divisons en deux : Il y a des
apiculteurs dont la principale préoccupation est la récolte et la
production du miel. Il ya ceux qui font de la pollinisation des champs
et des arbres fruitiers. Il faut savoir aussi que les essaims sauvages
existent partout (dans les roues, les parois,…) mais il sont parfois,
vecteurs de maladies comme le varroi,.. Pour revenir au problème que
nous avons pris en charge, qu’on sous-estime et qui nous concerne dans
le concept agricole, c’est la pollinisation. Einstein a dit que si
l’abeille venait à disparaître un jour, de la surface de la terre,
l’homme serait menacé. L’abeille pérennise l’espèce. L’amélioration des
semences se fait par elles. Quand un agriculteur utilise un traitement,
il tue les insectes nuisibles. Il agresse les abeilles, parce qu’il
n’informe pas l’apiculteur, et ne lui demande pas d’éloigner ses ruches
ou de fermer ces dernières. Si l’agriculteur tue tous les insectes qui
concourent à la pollinisation, il ne reste que cette abeille qui a été
protégée. C’est là, qu’il fait appel aux apiculteurs ! Il faut qu’il y
ait synergie. Il faut que l’agriculteur fasse attention, qu’il soit
conscient que ses arbres ne peuvent pas être pollinisés sans les
abeilles.


Quel est le procédé en vigueur ?
Soit nous éloignons les ruchers quand c’est un traitement aérien – à
l’époque la Direction des services agricoles nous envoyait des bulletins
par radio, par voie de presse en disant que les apiculteurs sont priés
d’éloigner leurs ruchers à quelques 500 m des vergers – sinon, quand il
s’agit d’un agriculteur que nous connaissons, nous fermons les ruches
jusqu’à 3 jours, sans aucun problème, surtout quand il s’agit d’un
traitement biodégradable. Toutefois, ils ne le sont pas tous.


Actuellement les scientifiques sont entrain de parler d’un pesticide
particulièrement nuisible aux abeilles
Effectivement il s’agit du fameux Gaucho, j’ai eu à me pencher sur ce
pesticide lors de rencontres organisées en France. Il n’existe pas chez
nous et n’est donc pas utilisé. Le Gaucho s’utilise par voie
transgénique. C’est une molécule qu’on introduit dans les graines ce qui
permet à ces dernières de lutter contre le puceron de l’intérieur,
conventionnellement appelé OGM, et que se passe-t-il ? Dans la molécule
du Colza, le pesticide est transmis à l’abeille lorsque cette dernière
butine et prend le nectar et c’est ainsi que celui-ci efface la carte
mémoire de l’abeille. C’est ainsi que toutes les abeilles qui sortent
butiner ne retournent pas dans la ruche. Les apiculteurs se sont donc
rendus compte qu’il y avait une déperdition d’abeilles.


Comment ce phénomène de désertion a-t-il pu se reproduire en
Algérie ?
C’est le sujet qu’on avait abordé en France en 2002, mais en Algérie il
s’agit d’un phénomène différent. Les avis des apiculteurs étaient
divergents. Il fallait impérativement localiser le phénomène par région.
Cette année là, les éleveurs d’abeilles me contactaient pour poser le
problème du dépeuplement des ruches : des abeilles qui quittent le
domicile en laissant leurs petits, du miel et la ruche très propre. Le
deuxième phénomène était apparu au mois d’octobre. Les apiculteurs
trouvaient des essaims accrochés aux troncs d’arbres et demandaient à
acheter des ruches. Or, en hiver c’est l’hivernage ! À l’époque nous
avions incriminé la cire que nous avions fait analyser sans résultats.
Finalement, l’hypothèse tend vers le fait, que notre abeille est passée à
l’étape contraire de ce qui a été fait, il y a mille ans en reprenant
le chemin de la forêt. C’est peut-être, un mal-être de la colonie. En
tout cas, ce n’est pas par disette, car en quittant la ruche, la reine
laissait des abeilles, du miel et du pollen : les trois paramètres
principaux qui font qu’une colonie reste dans une ruche. Par ailleurs
dans l’essaim retrouvé par les apiculteurs, la reine n’est pas jeune
(quand il y a beaucoup de faux bourdons - les mâles fécondent la reine
et il est un indicateur majeur d’une nouvelle colonie- on parle d’une
jeune colonie) il ne s’agit donc pas d’une nouvelle colonie ! Il faut,
par ailleurs, dire que nous avons pollué génétiquement notre souche qui
est l’inter misa. Il y a un chercheur français qui s’intéresse, dans le
cadre de la préservation et du développement de cette souche, à
l’abeille du Sahara surnommée la déesse du désert (sahariasis, l’abeille
jaune). Cette souche résiste à la chaleur et au froid, voire aux
variations de températures.


À combien estimez-vous la production nationale de miel ?
Quelques 30 000 tonnes de miel par an. Elle est à peu près de 80 gr par
habitant et par an contre 450 gr pour un français et 750 gr pour un
américain ! Cela est inhérent à deux principaux facteurs. Et d’une,
notre production est faible (nombre de kilos par ruches parce que les
techniques n’ont pas évolué. On arrive à avoir entre 3 kg et 8 kg par
ruche ce qui est en deçà de la moyenne, car il faut avoir au moins 10 kg
par ruche et si on augmente la production, il est de fait que la
consommation suive). Deuxio, le problème qui se pose c’est que des
opportunistes importent le miel de mauvaise qualité (miels bas de gamme
comme le miel de tournesol et le miel de colza dont les graines sont
cultivées pour faire de l’huile !) et ce qui nous gêne, c’est que ces
miels n’ont aucune valeur nutritive et qu’ils dévalorisent les miels
national

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