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Nectar, miellat,pollen et environnement…

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Nectar, miellat,pollen et environnement…

Message par Admin le Sam 13 Aoû - 19:17


Nectar,
miellat,pollen et environnement…


Par Paul SCHWEITZER

avec
l'aimable autorisation de la revue






L’abeille
domestique n’a de domestique que le nom. La réalité nous montre bien que
personne n’est maître de ses abeilles. Les exemples sont nombreux. Ainsi, si la
sélection de l’abeille pose tant de problèmes particuliers, c’est bien parce que
l’apiculteur lambda ne pratiquera jamais l’insémination artificielle et ne
maîtrisera donc jamais une des clés de toute sélection, le contrôle de la
fécondation. Il en est de même avec la récolte des miels et il est fréquent de
constater que deux ruches voisines ont des rentrées de nectar de nature
différente. Cela est encore plus évident lorsque l’on récolte le pollen : des
trappes voisines se garnissant durant les mêmes périodes de grains de pollen aux
colorations différentes. Mais quels sont donc les éléments qui déterminent le
choix des abeilles ?


L’appétence
naturelle des abeilles pour tout ce qui est sucré (1)
les amènent à butiner différentes sources.

Les nectars sont les sources les plus “ naturelles ” puisqu’elles résultent de
l’étroite coévolution des angiospermes avec les insectes butineurs. Selon leur
origine florale, ils peuvent être plus ou moins riches en sucres – de quelques
pour cent seulement pour les nectars les plus dilués comme chez Fritillaria
imperialis, une liliacée ornementale appelée communément “ couronne impériale ”
à des concentrations pouvant atteindre 50% (2).
La composition en sucres des nectars dépend également de l’origine florale :
certains sont à saccharose dominant et d’autres à glucose/fructose dominants
avec tous les intermédiaires possibles. De ces deux derniers sucres, c’est en
général le fructose qui prédomine ce qui explique également sa dominance dans
les miels… Les nectars contiennent également des marqueurs olfactifs qui vont
conditionner les abeilles…

Les miellats sont également à l’origine de miels dont certains ont une haute
valeur commerciale. Résultant du parasitisme d’un végétal par des insectes
piqueurs (cochenilles, aleurodes, psylles, aphidiens…), ils ne sont pas
avantageux pour le végétal. Ils ne conviennent pas non plus pour l’hivernage des
colonies d’abeilles, leur digestion laissant trop de résidus qui s’accumulent
dans l’ampoule rectale des ouvrières. Leur composition en sucres est très
différentes des nectars avec présence de triholosides comme le mélézitose et
même quelquefois de sucres supérieurs. Leur charge minérale est également très
importante. Leur production est sous la dépendance de nombreux facteurs
écologiques : sol, microclimat, insectes “ éleveurs de puceron ” comme les
fourmis, etc…




Cliché Lamacchia (83)


Enfin l’abeille sera attirée vers toutes autres sources sucrées qu’elle
pourra trouver dans l’environnement : fruits(3),
canne à sucre(4), résidus sucrés
quelconques(5)

L’attractivité
d’une source dépend de ce que l’on peut appeler la “ loi du maximum ” ou de la
meilleure rentabilité :




Champs de trèfle dans le Finistère
Le Cunuder (75)

















Plus une source est proche, meilleur est le
bilan : dépense énergétique (en équivalent miel) pour effectuer le
voyage entre la source et la ruche et recette, valeur énergétique du
nectar ou du miellat récolté. Cette notion limite l’aire de
prospection des abeilles à un rayon dépassant rarement deux à trois
kilomètres ;

Plus le nectar ou le miellat de la source est
concentré plus il est attractif. Toutefois avec une concentration
beaucoup trop élevée, le produit peut devenir difficilement récoltable
(viscosité trop grande) ;

Plus une source est importante en superficie et
en densité florale, plus elle devient attractive. Un autre phénomène
intervient alors également. La découverte d’une source nectarifère de
faible superficie est en grande partie due au hasard. S’agissant de
grandes cultures en floraison sur des hectares, le hasard n’existe
plus et la source est automatiquement repérée. Qui de nous n’a pas
senti les effluves embaumés d’un champ de colza même en pleine nuit…
et notre odorat est sans commune mesure avec celui d’une abeille…

Sont également prioritaires, les sources qui
peuvent fournir simultanément du nectar et du pollen.




L’offre
de l’environnement : A chaque instant de l’année(6),
l’environnement proche d’une ruche, disons un rayon de 2 à 3 kilomètres (plus si
l’environnement est pauvre), offre aux abeilles un florilège d’espèces en fleurs
plus ou moins intéressantes qui, sont, d’une certaine façon, en compétition
entre elles, chacune étant là pour être pollinisée. La production de nectar et
sa qualité sont sous la dépendance de facteurs écologiques : nature du sol,
hygrométrie, altitude, exposition et météorologiques. Plus une plante est dans
une situation optimale par rapport à son preferendum écologique, meilleure est
sa sécrétion. Ainsi en période de sécheresse, une des premières réactions des
plantes à fleurs et de “ couper le robinet ” du nectar : la production de nectar
consomme de l’eau et dans ces périodes difficiles économiser le précieux liquide
est vital. Nectar, miellat sont ainsi recherchés dans l’environnement proche de
la colonie. L’abeille y recherche également du pollen, de l’eau, de la propolis…


La
demande de la ruche : L’appétence naturelle des abeilles pour le sucré fait que
les ouvrières récoltent systématiquement toute source de nectar ou de miellat.
Ce comportement d’amassage est à l’origine de nos belles récoltes de miel. Il
est malgré tout régulé par :

La place disponible dans la ruche ;

Les autres besoins de la colonie dont certains peuvent
devenir prioritaires : en particulier le pollen, nécessité absolu pour
l’élevage du couvain, mais également l’eau, la propolis.


La quantité de butineuses disponibles – la colonie ne
peut pas se dépeupler pour aller butiner.




Rucher sur ruchette - Cliché
M.Vedrenne


Nouvelle source - Cliché B. Vallier

Il est
d’ailleurs intéressant de constater que l’économie de la ruche obéit à des lois
du marchés qui ressemblent beaucoup aux nôtres :

Offre de l’environnement : les matières premières

Demandes de la colonie en fonction des besoins de sa
population et de sa “ pyramide des âges ” : beaucoup de couvain = population
jeune = besoins de pollen.

Régulation de la demande avec des périodes de crises :
en cas de disette, une source lointaine peut alors devenir rentable. Le
pillage peut éventuellement apparaître : augmentation de la délinquance
lorsque l’économie va mal et même risque de guerre généralisée entre les
ruches. La surproduction, elle, est suivie d’un blocage de ponte avec
modification de la pyramide des âges – moins de naissances. Bien que la
flexibilité du travail existe dans la colonie, le manque de travail, donc le
chômage, favorise l’essaimage (augmentation de l’émigration provoquée ici
par la croissance suivie du chômage, mais il existe également chez les
abeilles des essaims de misère).

Les abeilles ont même inventé le marketing et la
publicité : l’ouvrière qui rentre à la ruche après avoir découvert une
nouvelle source, s’empresse par sa danse d’en indiquer la position aux
autres. D’autres abeilles font de même pour d’autres sources. Chacune essaie
de convaincre l’autre, le précieux nectar, échangé par trophallaxie, permet,
par ses caractéristiques sensorielles, de se faire une bonne idée de la
valeur réelle de la source…

Les régulations sont, semble-t-il, extrêmement fines.
Il ne s’agit pas de récolter uniquement pour produire beaucoup, mais
également d’affiner son butinage ou sa récolte de pollen pour assurer
l’équilibre alimentaire de la colonie… Ainsi, lors d’une étude de terrain
récente, j’observais, chose que je n’avais jamais vu jusqu’à présent, une
abeille récolter du pollen du la mercuriale annuelle, Mercurialis annua, “
mauvaise herbe ” , s’il en est, espèce dioïque que l’on rencontre dans
beaucoup de nos jardins… Ce n’est pas, comme c’est quelquefois le cas, une
pénurie de pollen qui poussait cette ouvrière à visiter cette fleur. Dans le
même environnement, étaient en pleine floraison de nombreuses autres espèces
réputées pour une forte attractivité, sources de pollen et de nectar, dont
des ronces. Qu’est-ce qui pouvait donc inciter notre butineuse à récolter du
pollen sur cette malheureuse herbacée qui laisse tous les apiculteurs
indifférents ? On est en droit de se poser la question ? Avec à la clé,
peut-être, un des éléments d’explications sur toutes ces dépopulations
d’abeilles dans des secteurs où, quelquefois, l’herbe ne repousse plus suite
aux passages des Attila modernes et de ses Huns que sont les désherbants,
insecticides et autres pesticides… Nous devrions tous le savoir maintenant :
la guerre “ propre ”, cela n’existe pas…


Paul SCHWEITZER
Laboratoire d’analyses et d’écologie apicole
© CETAM-Lorraine 2004


(1) La notion de sucré est
subjective car, pour nous, il existe des sucres qui ne sont pas sucrés et
des non-sucres qui le sont. De nombreux travaux ont montrés que les sucres
n’ont pas tous la même attractivité pour les abeilles.

(2) Les nectars les plus dilués
sont généralement produit essentiellement à partir de la sève brute
circulant dans le xylème alors que les nectars concentrés sont produits à
partir de la sève élaborée, les nectaires étant alors vascularisés à
partir du phloème.

(3) Les pièces buccales de
l’abeille ne lui permettent pas de perforer les fruits. Par contre, elle
butine les fruits endommagés. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’analyser
des miels de couleur “ rouge écarlate ” produits à partir de cerises ou de
mûres. En Lorraine, il est courant d’observer des abeilles butinant la
mirabelle après qu’elle ait été perforée par des guêpes. Dans les oasis,
les abeilles font du “ miel de dattes ”…

(4) Dans les pays producteurs de
canne à sucre, le phénomène est courant…

(5) Dans tous ces cas, les
produits issus du butinage de l’abeille ne peuvent légalement avoir
l’appellation “ miel ”.

(6) On pourrait même écrire à
chaque heure du jour. Car la sécrétion nectarifère d’une espèce n’est pas
la même tout au long de la journée. Les abeilles qui ont un sens du temps,
apprennent vite ce qui limite les déplacements inutiles.


Cliché Mathieu

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